mardi, août 01, 2006

Israël poursuit son offensive au Liban

BEYROUTH (Reuters) - Les forces israéliennes ont poursuivi mardi leur offensive dans le sud du Liban où elles ont pilonné des villes et des villages, rencontrant une vive résistance du Hezbollah.

Dans le même temps, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a déclaré qu'il voyait le début d'un processus susceptible de déboucher sur un cessez-le-feu et a affirmé que le Hezbollah ne pourrait plus jamais menacer Israël.
Les Israéliens ont annoncé qu'ils reprendraient mercredi leurs bombardements aériens du Liban, à l'issue d'une suspension partielle de quarante-huit heures de leurs activités aériennes.
Une porte-parole de l'armée a déclaré que des tracts invitant les habitants à partir avaient été distribués "dans un petit nombre d'endroits au nord du Litani, où l'on sait qu'opère le Hezbollah". Le fleuve Litani est situé à une vingtaine de kilomètres au nord de la frontière israélienne.
Sur le plan diplomatique, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réunis d'urgence à Bruxelles, ont réclamé un arrêt immédiat des hostilités débouchant sur un cessez-le-feu, formule alambiquée visant à dissimuler leurs divergences.
La France, la Suède, l'Espagne et la Grèce avaient souhaité demander un cessez-le-feu immédiat, mais la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la République tchèque et la Pologne ont préféré une formulation atténuée, à l'instar des Etats-Unis qui s'opposent à un cessez-le-feu immédiat et soutiennent qu'il doit être précédé d'une solution politique de la crise pour être durable.
Trois semaines après le début de la guerre déclenchée à la suite de l'enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah, le cabinet de sécurité israélien a entériné une intensification de l'offensive impliquant une poussée de six à sept kilomètres à l'intérieur du territoire libanais, a-t-on appris de source politique.
BILANS CONTESTES
Le lâcher de tracts en certains endroits au-delà du Litani laisse présager des raids plus au nord.
La présidence finlandaise de l'Union européenne, se faisant l'écho des appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu, a jugé inacceptable l'intensification des opérations israéliennes en soulignant qu'elle ne ferait qu'inciter davantage d'Arabes à soutenir le Hezbollah.
Depuis le 12 juillet, le conflit a fait au moins 617 morts au Liban, en majorité des civils. Selon le ministère de la Santé, le bilan devrait atteindre 750 morts si l'on tient compte des cadavres encore ensevelis sous les décombres.
Cinquante et un Israéliens, dont 33 militaires, ont été tués.
Le village de Cana, dans le sud du Liban, continue de pleurer les victimes du raid aérien de dimanche, qui a causé la mort d'au moins 54 civils, dont 37 enfants.
"Tous sont morts d'étouffement. Des débris sont tombés sur eux, ils étaient bleus. Si j'avais pu venir plus tôt, j'aurais pu trouver des gens vivants", déplore Bassam Mokdad, un volontaire de la Croix-Rouge.

Des obus israéliens sont tombés sur une région frontalière près d'Aïta al Chaab, où le Hezbollah dit avoir détruit un char dans des affrontements avec les forces israéliennes.
Le ministre israélien de la Justice, Haïm Ramon, a affirmé que, sur un effectif estimé à 2.000, 300 miliciens du Hezbollah avaient été tués en trois semaines de combats. Le Hezbollah, qui dit ne pas dissimuler ses pertes, avance un bilan de 43 morts au cours de la même période.
NOUVEAUX RAIDS
Le ministre israélien des Infrastructures, Binyamin Ben-Eliezer, a déclaré que l'armée avait besoin de dix à quatorze jours pour chasser le Hezbollah de la zone où devrait se déployer une force internationale.
La ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, estime dans une interview au journal Le Monde que toute force déployée au Liban devra être "très importante" et avoir "la possibilité d'ouvrir le feu".
Israël veut repousser le Hezbollah et mettre fin à ses tirs de roquettes sur le territoire israélien. Mais un membre du cabinet israélien, Meir Sheetrit, a déclaré à Radio Israël que les forces israéliennes ne seraient en aucune façon en mesure de détruire la totalité des missiles du Hezbollah.
Pour le deuxième jour consécutif, l'aviation israélienne a bombardé l'est du Liban, à proximité de la frontière syrienne, en dépit de l'annonce de la suspension partielle de ses raids aériens, ont rapporté des responsables de la sécurité libanaise et des témoins.
Ces raids vivaient à empêcher "des transferts d'armes" au Hezbollah, a expliqué l'armée. Israël a dit qu'il poursuivrait ses raids pour frapper le Hezbollah et appuyer ses forces au sol.
Les Nations unies ont fait savoir qu'elles avaient été contraintes d'annuler deux convois d'aide destinés à des villages proches de la frontière sud du Liban parce qu'elles n'avaient pas obtenu de garanties d'Israël.

Boursier.com
01/08/2006 - 18h48

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