dimanche, novembre 22, 2009

Vivons-nous dans un monde de savants fous ?

Comment peut-on faire confiance aux scientifiques qui laissent échapper des virus des laboratoire nationaux? Comment peut-on faire confiance aux entreprises pharmaceutiques qui créent des vaccins et passent tout près de contaminer la population avec le virus H5N1? Sommes-nous des rats de laboratoire?

Admettons qu’en ouvrant votre journal aujourd’hui vous tombiez sur un article qui aurait comme titre: « L’Iran a recréé le virus de la grippe espagnole dans son laboratoire national de microbiologie ». Plusieurs s’inquiéteraient de cette nouvelle et personne ne serait même étonné si les États-Unis répondaient avec une guerre préventive ou par des sanctions économiques.
Je tiens dès maintenant à vous rassurer. Non, l’Iran n’a pas recréé le virus de la grippe espagnole, enfin, pas à ce que l’on sache. Ce sont les États-Unis, en 2005, qui ont recréé ce virus, dans leur laboratoire du Centers for Disease Control (CDC). Ne paniquons pas, car dans l’article on précise que des mesures de sécurité avancées protègent la population. Bien sûr, les États-Unis forment une démocratie et ils sont les « bons », nos « amis » :
CDC employed stringent biosafety and biosecurity precautions during research on the 1918 influenza virus. The work was done in a high containment Biosafety Level 3 lab with enhancements that include special provisions to protect both laboratory workers and the public from exposure to the virus.
Dans cet article provenant du CNRS, soit le Centre national de la recherche scientifique, un organisme public de recherche (établissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la tutelle du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche), on peut lire:
Des chercheurs de l’équipe de Terrence Tumpey (Centre de prévention et de contrôle des maladies, CDC, USA) ont reconstitué le virus de la grippe espagnole de 1918 afin de mieux comprendre son extrême virulence.
Ces informations ne proviennent pas de sites Internet obscures, mais de CDC et du CNRS. En 2004, avant même que ces scientifiques eurent terminé la reconstitution complète du virus, on s’inquiétait de ce qui pourrait advenir. C’est écrit noir sur blanc dans cet article, Experts fear escape of 1918 flu from lab:
Yet despite the danger, researchers in the US are working with reconstructed versions of the virus at less than the maximum level of containment. Many other experts are worried about the risks. « All the virologists I have spoken to have concerns, » says Ingegerd Kallings of the Swedish Institute for Infectious Disease Control in Stockholm, who helped set laboratory safety standards for the World Health Organization.
Quoi penser de tout ça? Est-ce que les experts en question sont des conspirationnistes qui ne font pas confiance au système? En ce qui me concerne, je ne suis pas du tout conforté. Des virus s’échappent des laboratoires plus qu’on le pense. Voici un résumé d’un article de la journaliste Helen Branswell originellement publié dans le Toronto Sun le 27 février 2009. Le titre de l’article est Baxter: Product contained live bird flu virus:
La compagnie Baxter a confirmé, aujourd’hui, qu’elle a fabriqué un produit expérimental qui a accidentellement été contaminé par le virus H5N1 de la grippe aviaire. Un porte-parole européen de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé que l’OMS suivait de près l’enquête qui retrace le fil des événements ayant mené à cette bévue. L’erreur a eu lieu au laboratoire de recherche de Baxter International à Orth-Donau, en Autriche. Le produit contaminé, un mélange de virus saisonniers de la grippe appelés H3N2 et de virus H5N1 qui n’étaient pas identifiés, ont été envoyés à Avir Green Hills Biotechnology, une firme autrichienne. Celle-ci a par la suite transmis des portions du mélange à des sous-traitants en République tchèque, en Slovénie et en Allemagne.
C’est le sous-traitant tchèque qui s’est rendu compte que quelque chose ne tournait pas rond, lorsque des furets auxquels il avait injecté le mélange sont morts. Ceux-ci ne devraient pas mourir après une exposition aux virus H3N2, ce qui signifiait donc qu’ils avaient également reçu le virus actif du H5N1. (( Voir la Source ))
Si cela peut vous conforter, l’entreprise Baxter, elle aussi, se soumet à des normes de sécurité Biosafety Level 3 lab, comme au CDC où l’on a reconstitué le virus pandémique de 1918. Pour compléter sur cette histoire, je vous suggère de consulter cette vidéo dans laquelle Baxter avoue son erreur ainsi qu’un article dans le Times of India, Virus mix-up by lab could have resulted in pandemic. Étrangement, cette nouvelle n’a pas été reprise dans nos valeureux médias de masse. Il faut croire que ce n’est pas une nouvelle importante selon eux.
Qui sont les véritables conspirationnistes? Moi, qui présentent des informations bien documentées provenant de source extrêmement fiables, ou bien les médias de masse, qui taisent ces informations, mais en plus, participent allègrement à la campagne de peur pour la vaccination massive sans se poser de question?
Sommes-nous en sécurité au Canada? Je me croyais en relative sécurité jusqu’au lundi 16 novembre 2009. C’était avant de lire un article dans le Devoir ayant pour titre Des laboratoires peinent à faire le suivi sur leurs agents pathogènes. Voici un extrait:
Les découvertes de l’agence fédérale, un peu plus tôt cette année, concernent une période durant laquelle des scientifiques du Laboratoire national de microbiologie, à Winnipeg, étudiaient des centaines d’échantillons de ce qui s’est révélé être le virus de la grippe A(H1N1). [...] Ainsi, le Laboratoire national de microbiologie a perdu la trace, un peu plus tôt cette année, de 22 flacons contenant du matériel biologique. [...] Un scientifique aurait volé des flacons contenant le gène du virus Ebola en janvier. Mais la direction du Laboratoire national de microbiologie n’a appris la disparition des flacons qu’en mai, soit lorsque les autorités américaines ont arrêté l’ancien employé à un poste frontalier séparant le Manitoba et le Dakota du Nord.
Que peut-on conclure? Je ne sais pas, mais encore ici, il ne faut pas s’étonner de voir des théories du complot se multiplier sur l’Internet. Par contre, c’est vrai, il n’y a probablement pas de théorie du complot. Je ne crois pas qu’il y ait un plan avec des personnes concertées pour créer des pandémies. La réalité est que nous vivons dans un monde pas très sécuritaire où certains scientifiques jouent avec nos vies, et ce, dangereusement, ce qui n’est rien pour nous rassurer, j’en conviens.
Comment peut-on faire confiance aux scientifiques qui laissent échapper des virus des laboratoire nationaux? Comment peut-on même faire confiance aux entreprises pharmaceutiques qui créent des vaccins et passent tout près de contaminer la population avec le virus H5N1? Sommes-nous que des rats de laboratoire? Après la peur des terroristes, c’est maintenant la peur des virus. Nous ne sommes pas sortis de l’auberge!
Bref, ne vous inquiétez pas, les entreprises pharmaceutiques, les ghostbuster du 21ème siècle, sont là pour nous sauver. Vous savez, notre plus grand ennemi, c’est nous. Nous sommes même prêts à tester leurs nouveaux vaccins dans la peur s’il le faut. Il faudrait se rendre compte qu’il y a des bons et des méchants partout, autant à l’intérieur de nos laboratoires nationaux que dans ceux des entreprises pharmaceutiques.
Je sais, après ce que vous venez de lire, il est normal de se sentir un peu pris en sandwich, c’est-à-dire qu’il y a un réel risque qu’un virus beaucoup plus virulent que le nouveau A H1N1 2009 puisse faire surface, et en même temps, nous savons aussi que certains scientifiques manipulent des virus et des vaccins comme si ce n’était que de banales marchandises.
Quoiqu’il advienne, si le virus aviaire (H5N1) venait qu’à se répandre à travers le monde, l’OMS et les entreprises pharmaceutiques sont déjà prêtes, comme on peut le lire dans un communiqué de l’OMS daté du 13 juin 2007:
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé aujourd’hui qu’elle prend des dispositions avec les fabricants de vaccins pour aller de l’avant et constituer une réserve mondiale de vaccins contre le virus H5N1 de la grippe aviaire. L’annonce fait suite à la demande adressée à l’OMS par l’Assemblée mondiale de la Santé qui s’est tenue en mai concernant la constitution de stocks internationaux de vaccins contre le virus H5N1. Egalement mercredi, l’OMS s’est félicitée de l’annonce faite par GlaxoSmithKline qui va contribuer à la constitution de la réserve mondiale. Omninvest de Hongrie, Baxter et sanofi pasteur ont aussi indiqué leur intention de consacrer une partie de leur production de ces vaccins à la constitution de la réserve.
Il faut croire que les entreprises pharmaceutiques et l’OMS s’attendaient plutôt à une pandémie de grippe aviaire cette année, et non porcine. Ne vous inquiéter pas, elle ne saurait tarder. Tout est en place dans nos laboratoires, le virus et le vaccin. Il semble que cette campagne de vaccination mondiale n’est qu’une pratique.

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samedi, novembre 21, 2009

Interview De Mr Soltaniyeh Ambassadeur d’Iran A L’AIEA


Mr Soltaniyeh a répondu à plusieurs questions lors d’une interview accordée à PressTV concernant le dernier rapport de l’AIEA sur le programme nucléaire iranien et notamment sur le site de Fordo (prés de Qom). Point de vue iranien.

Brigade anti proliferation : voyons Vanunu tu vois bien que nous sommes occupés - çà ? ce sont des méga saucisses casher
Q : qu Brigade anti proliferation : voyons Vanunu tu vois bien que nous sommes occupés - çà ? ce sont des méga saucisses casher
Q : que pensez vous du dernier rapport de l’AIEA sur le programme nucléaire iranien ?
A : Bonsoir, ce rapport est identique aux rapports précédents. En fait, nous avons eu un rapport plutôt frustrant créant la confusion dans l’opinion publique. Mais en général, le rapport a un message clair c’est qu’il n’y a aucune preuve de détournement de matériau nucléaire ou d’activités à buts interdits.
Cela a été répété presque 20 fois par le directeur général et c’est le dernier rapport du directeur général (Mohamed) El Baradei avant qu’il ne quitte ses fonctions et il a rappelé qu’il n’y a aucune preuve de détournement. Cependant, dans ce rapport il y a un nouvel élément concernant la visite du nouveau site d’enrichissement du pays appelé Fordo et l’inspection de ce site qui a été effectuée le 26 et 27 Octobre et bien sûr les deux jours de plus de rencontre à Téhéran.
Ils ont clairement indiqué que ce que les inspecteurs y ont trouvé concorde avec l’information fournie par l’Iran dans un questionnaire spécial DIQ (Design Information Questionnaire). C’est très important et cela prouve que tout le battage politique inclus ce qui est arrivé à Pittsburg était des déclarations politiquement motivées précipitées et injustifiées, et maintenant le rapport confirme les affirmations de l’Iran que ses activités, dont ce nouveau site, ont pour objectif l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.
Dans ce rapport il est aussi indiqué qu’il n’y a pas de machine ou de matériau nucléaire là bas et par conséquent l’Iran a informé l’agence bien avant qu’il ne soit obligé de le faire et il n’y a pas d’activités nucléaires là bas. L’Iran a aussi informé l’agence de la raison pour laquelle ce site a été construit. A cause des menaces continuelles d’attaques militaires contre l’Iran. L’Iran n’avait pas d’autre choix que de disposer d’un plan d’urgence. Par conséquent, l’Organisation de Défense Passive a remis à l’Organisation à l’Energie Atomique d’Iran ce site et il avait été en fait construit dans ce but.
Et bien sûr, il y a un seul message politique dans tout ce processus qui est que l’Iran ne suspendra à aucun prix son enrichissement. Donc même s’il y a des menaces d’une attaque, nous essaierons de faire en sorte qu’il y ait des plans d’urgence pour que l’enrichissement d’uranium soit maintenu.
En même temps, cet enrichissement et d’autres activités sont sous les clauses de sauvegarde de l’AIEA. Le reste du rapport est une répétition de ce qui a été dit auparavant à l’exception d’une mise à jour sur la quantité de matériau enrichi à Natanz qui actuellement est au total de 1763 Kg d’UE à taux bas.(3.5% ndlt)
C’est aussi évident que l’enrichissement et d’autres activités ont a continué avec succès sous les auspices de l’AIEA. Une chose que je peux dire sur ce rapport et également d’autres, c’est que c’est malheureux de continuer ces rapports ennuyeux et frustrants, et aussi les discussions au Conseil des Gouverneurs depuis 6 ans, et qu’il est temps d’arrêter tout ce jeu politique à l’AIEA qui met à mal l’environnement technique.
Il y a également une autre chose que je veux ajouter sur ce type de rapport qui contient de nombreux détails techniques. Ils ont toujours été confus pour l’opinion publique car on ne sait pas vraiment qui lit de tels rapports, ou bien se sont des diplomates et des représentants du Conseil des Gouverneurs ou des états membres ou le public. Par conséquent le rapport devrait être adapté au lecteur et définit en temps que tel. Ce rapport à un grand nombre de détails techniques qui dans de nombreux cas créent la confusion et ce processus doit s’arrêter.
Q : Mr Soltaniyeh, qu’en est-il de la partie du rapport qui dit qu’il faut plus de clarification sur la centre d’enrichissement de Fordo ?
A : Bien, je dois apporter des éclaircissements sur ce sur quoi nous parlons précisément. Il y a un accord de sauvegarde, le document 153. C’est la base de nos obligations sous le TNP et selon celui-ci, nous sommes obligés de transmettre le Questionnaire d’Information de Conception ( DIQ - Design Information Questionnaire), rien de plus, rien de moins. Personne n’a le droit de nous demander quelle est notre intention ou ce que notre intention vise. Ce qui est important, c’est que le pays déclarera ses sites nucléaires et les inspecteurs de l’agence vérifieront l’information sur la conception fournie par l’état membre et c’est pourquoi dans ce rapport nous avons fait cela. Il n’y a pas de justification à une demande de plus amples informations que celle-ci. Ils peuvent voir le site et vérifier le but du site et à partir de maintenant il est sous contrôle total de l’AIEA.
Nous avons clairement expliqué quand nous avons commencé à travailler sur le site dans le but d’enrichir de l’uranium et nous avons déjà expliqué que c’est l’Organisation de Défense Passive qui avait remis le site à l’Organisation à l’Energie Atomique d’Iran. Cela veut dire que ce site (Fordo) fait partie de nombreux autres endroits que l’Iran a préparé pour des différentes activités sensibles dans le cadre d’un plan d’urgence comme protection contre toute attaque militaire contre le pays. Par conséquent quoiqu’ils disent sur le début de la construction du site ou sur les travaux de creusement réalisés auparavant, cela n’est absolument pas justifié.
Nous avons déclaré précisément quand ce site est passé sous la responsabilité de l’Organisation à l’Energie Atomique d’Iran. Cette position de l’Iran se retrouve dans le rapport disant que tout a été transparent et que les inspecteurs ont passé 4 jours en Iran, qu’ils ont eu largement le temps de discuter avec les autorités et qu’ils ont vérifié le DIQ qui leur avait été remis.
Donc en résumé, ce rapport est suffisamment clair et confirme une nouvelle fois la nature pacifique des activités atomiques en l’Iran et que ce site a prouvé que toutes le tapage politique n’était pas justifié et qu’ils voulaient tout simplement compromettre notre coopération avec l’AIEA. En fait, ce rapport est une preuve de l’esprit de coopération de l’Iran avec les inspecteurs et que tout est exclusivement à des fins pacifiques.


Interview de PressTV – 17/11/09http://www.presstv.ir/
20 Novembre 2009 / Alterinfo
21.11.09 20:25
http://basta.20six.fr/basta/art/172488303/

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vendredi, novembre 20, 2009

Stratégie impériale pour un nouvel ordre mondial: les origines de la Troisième Guerre mondiale.

Introduction

Face à l’effondrement économique mondial, les perspectives d’une guerre à l’échelle internationale s’intensifient. Historiquement, les périodes de déclin impérial et de crises économiques sont marquées par la guerre et une violence accrue. La chute des grands empires européens a été stigmatisée par les Première et Seconde Guerres mondiales, et par la Grande dépression qui a eu lieu entre ces deux guerres.
Le monde assiste actuellement au déclin de l’Empire étatsunien, en soi un produit de la Seconde Guerre mondiale. En tant que toute-puissance d’après-guerre, les États-Unis ont dirigé le système monétaire international et ont régné en champion et arbitre de l’économie politique mondiale.
Afin de gérer cette dernière, les États-Unis ont créé la plus grande et la plus puissante force militaire de l’histoire. Le contrôle permanent de l’économie mondiale nécessite une activité et une présence militaire permanentes.
Maintenant que l’empire étatsunien et l’économie politique mondiale sont en déclin et s’effondrent, les perspectives d’une fin violente de l’ère impériale étatsunienne augmentent dramatiquement.
Cet essai se divise en trois parties. La première couvre la stratégie géopolitique des États-Unis et de l’OTAN depuis la fin de la guerre froide, au début du nouvel ordre mondial, en dressant les grandes lignes de la stratégie impériale occidentale ayant mené à la guerre en Yougoslavie et à la « guerre au terrorisme ». La seconde partie est une analyse de la nature des « révolutions des fleurs » ou « révolutions de couleur » dans la stratégie impériale étatsunienne et met l’accent sur l’instauration d’une hégémonie en Europe de l’Est et en Asie centrale. La troisième partie examine l’aspect de la stratégie impériale qu’est la construction d’un nouvel ordre mondial, en se penchant sur les conflits grandissants en Afghanistan, au Pakistan en Iran, en Amérique latine, en Europe de l’Est et en Afrique, ainsi que le potentiel qu’ont ces conflits de déclencher une nouvelle guerre mondiale contre la Chine et la Russie.

Définir une nouvelle stratégie impériale
En 1991, avec la chute de l’Union soviétique, les États-Unis et l’OTAN on dû réinventer le rôle joué par leur politique étrangère dans le monde. La Guerre froide servait de justification à l’expansion impérialiste des États-Unis à travers le monde, ayant pour objectif d’« endiguer » la menace soviétique. L’OTAN a elle-même été créée et a existé uniquement dans les but de forger une alliance antisoviétique. Avec la disparition de l’URSS, l’OTAN n’avait plus de raisons d’exister et les États-Unis devaient trouver une nouvelle raison pour leur stratégie impérialiste dans le monde En 1992, le département de la Défense, sous la direction du secrétaire à la Défense Dick Cheney [futur vice-président sous George Bush Jr] a demandé au secrétaire adjoint à la Défense du Pentagone (Under Secretary of Defense for Policy) Paul Wolfowitz [futur secrétaire adjoint de George Bush Jr et président de la Banque mondiale] de rédiger un document sur la défense pour guider la politique étrangère du pays dans l’ère post-guerre froide, appelée communément « nouvel ordre mondial ».
Le document Defense Planning Guidance a été coulé en 1992 et a révélé ceci : « Dans une nouvelle déclaration générale à l’étape finale d’écriture, le département de la Défense affirme que la mission politique et militaire des États-Unis dans l’ère post-guerre froide sera de s’assurer qu’aucune autre superpuissance rivale ne soit autorisée à émerger en Europe de l’Ouest, en Asie ou dans les territoires de l’ancienne Union Soviétique. Le document confidentiel défend un monde dominé par une superpuissance, dont la position peut être perpétuée par un comportement constructif et une force militaire suffisant à dissuader tout pays ou groupe de défier la primauté des États-Unis. »
En outre, « la nouvelle ébauche dépeint un monde dans lequel il y a une puissance militaire dominante, dont les leaders “doivent conserver les mécanismes visant même à décourager les compétiteurs potentiels d’aspirer à un rôle régional ou mondial supérieur” ». Parmi les défis nécessaires à la suprématie étatsunienne, le texte « réclamait des guerres régionales contre l’Irak et la Corée du Nord » et identifiait la Chine et la Russie comme ses plus grandes menaces. Par ailleurs, il « suggère que les États-Unis pourraient aussi considérer l’élargissement des engagements de sécurité aux pays d’Europe de l’Est et de l’Ouest, semblablement à ceux de l’Arabie Saoudite, du Koweït et d’autres États arabes le long du Golfe persique ». [1]

L’OTAN et la Yougoslavie
Les guerres en Yougoslavie dans les années 1990 ont servi de justification au maintien de l’existence de l’OTAN dans le monde et à étendre les intérêts impériaux étatsuniens en Europe de l’Est.
La Banque mondiale et le FMI ont préparé le terrain pour la déstabilisation de la Yougoslavie. Après la mort de son dictateur de longue date, Josip Tito, en 1980, une crise de leadership s’est développée dans l’État. En 1982, des officiels de la politique étrangère étatsunienne ont organisé un ensemble de prêts du FMI et de la Banque mondiale, sous le nouveau Programme d’ajustement structurel (PAS), afin de faire face à la crise de la dette de 20 milliards de dollars US. Les prêts du PAS ont eu pour effet de « dévaster l’économie et la politique […] La crise économique menaçait la stabilité politique […] et risquaient d’aggraver les tensions ethniques latentes ». [2]
En 1989 Slobodan Milosevic est devenu président de la Serbie, la république la plus grande et la plus puissante des républiques yougoslaves. En 1989 toujours, le premier ministre yougoslave est allé aux États-Unis rencontrer le président George H.W. Bush afin de négocier un autre plan d’aide financière. En 1990, le programme de la Banque mondiale et du FMI est entré en vigueur et les dépense de l’État yougoslave allaient au paiement de la dette. En conséquence, les programmes sociaux ont été démantelés, la monnaie a été dévaluée, on a gelé les salaires et les prix ont augmenté. Les « réformes ont attisé les tendances sécessionnistes nourris par les facteurs économiques aussi bien que par les divisions ethniques, assurant pratiquement la sécession de facto de la république » et menant à la sécession de la Croatie et de la Slovénie en 1991. [3]
En 1990, la communauté du renseignement des États-Unis a publié un rapport de synthèse du renseignement (National Intelligence Estimate) prédisant le démantèlement de la Yougoslavie, l’éclatement d’une guerre civile, en rejetant par la suite le blâme de la future déstabilisation sur le président serbe Milosevic. [4]
En 1991, un conflit a éclaté entre le Yougoslavie et la Croatie lorsqu’elle a, elle-aussi, déclaré son indépendance. Un cessez-le-feu a été conclu en 1992. Pourtant, les Croates ont poursuivi de petites offensives militaires jusqu’en 1995 et ont également participé à la guerre en Bosnie. En 1995, la Croatie a entrepris l’opération Tempête dans le but de récupérer la région de Krajina. Un général croate a récemment été traduit en justice à La Haye pour crimes de guerre durant cette bataille, un affrontement clé dans l’expulsion des Serbes de la Croatie et qui a « cimenté l’indépendance croate ». Les États-Unis ont soutenu l’opération et la CIA a activement fourni des renseignements aux forces croates, ce qui a conduit au déplacement de 150 000 à 200 000 Serbes, en grande partie par le biais du meurtre, du pillage, de villages incendiés et du nettoyage ethnique. [5] L’armée croate a été entraînée par des conseillers étatsuniens et le général en procès a même été personnellement soutenu par la CIA. [6]
L’administration Clinton a donné le feu vert à l’Iran pour qu’il arme les musulmans bosniaques et « de 1992 à janvier 1996, il y a eu un afflux d’armes et de conseillers iraniens en Bosnie ». Qui plus est, « l’Iran et d’autres États musulmans ont aidé à amener des moudjahidin en Bosnie pour livrer la bataille avec les musulmans contre les Serbes, des “saints combattants” d’Afghanistan, de Tchétchénie, du Yémen et d’Algérie, parmi lesquels certains avaient des liens soupçonnés avec les camps d’entraînement d’Oussama ben Laden en Afghanistan ».
C’est « l’intervention occidentale dans les Balkans [qui] a exacerbé les tensions et a aidé à entretenir les hostilités. En reconnaissant les revendications des groupes et des républiques séparatistes en 1990-1991, les élites occidentales – étatsuniennes, britanniques, françaises et allemandes – ont sapé les structures gouvernementales en Yougoslavie, ont accru l’insécurité, ont attisé le conflit et amplifié les tensions ethniques. Et en offrant un soutien logistique aux différentes parties pendant la guerre, l’intervention occidentale a soutenu le conflit jusqu’au milieu des années 1990. On doit voir sous cet angle le choix qu’a fait M. Clinton de défendre les musulmans bosniaques pour se faire le champion sur la scène internationale, ainsi que les demandes de son administration pour que les Nations Unies lèvent l’embargo sur les armes afin d’armer les musulmans et les Croates contre les Serbes. » [7]
Pendant la guerre en Bosnie, il y « avait une vaste voie de passage secrète pour le trafic d’armes par la Croatie. Elle avait été constituée par les agences clandestines des États-Unis, de la Turquie et de l’Iran, avec la collaboration d’un éventail de groupes islamistes radicaux, incluant des moudjahidin afghans et le Hezbollah pro-iranien. » De plus, « les services secrets de l’Ukraine, de la Grèce et d’Israël s’affairaient à armer les Serbes bosniaques ». [8] L’agence de renseignement allemande, la BND, a également envoyé des cargaisons d’armes aux musulmans bosniaques et à la Croatie pour la lutte contre les Serbes. [9]
Les États-Unis avaient influencé la guerre dans la région de diverses façons. Comme le rapportait The Observer en 1995, un pan important de leur implication se faisait par le biais de « Military Professional Resources Inc (MPRI), une société privée étatsunienne de généraux et d’agents du renseignement à la retraite, située en Virginie. L’ambassade étatsunienne à Zagreb a admis que MPRI entraînait les Croates, avec la permission du gouvernement des États-Unis. » Aussi, les Néerlandais « étaient convaincus que les forces spéciales étatsuniennes étaient impliquées dans l’entraînement de l’armée bosniaque et de l’armée croate de Bosnie (HVO). » [10]
Dès 1988, le leader de la Croatie a rencontré le chancelier allemand Helmut Kohl afin de créer « une politique conjointe pour désunir la Yougoslavie » et amener la Slovénie et la Croatie dans la « zone économique allemande ». Des officiers de l’Armée étatsunienne ont donc été envoyés en Croatie, en Bosnie, en Albanie et en Macédoine en tant que « conseillers » et ont fait appel aux Forces spéciales des États-Unis pour les aider. [11] Durant le cessez-le-feu de neuf mois dans la guerre de Bosnie-Herzégovine, six généraux étatsuniens ont rencontré des dirigeants de l’armée bosniaque pour planifier l’offensive bosniaque qui a mis fin au cessez-le-feu. [12]
En 1996, la mafia albanaise, avec collaboration avec l’Armée de libération du Kosovo (ALK), une organisation de guérilleros militants, a pris le contrôle du gigantesque itinéraire de trafic de drogue des Balkans. L’ALK était liée à d’anciens moudjahidin en Afghanistan, dont Oussama ben Laden. [13]
En 1997, l’ALK a commencé à se battre contre les forces serbes, [14] et en 1998, le département d’État états-unien a enlevé l’ALK de sa liste d’organisations terroristes. [15] Avant et après 1998, l’ALK recevait des armes, de l’entraînement et du soutien des États-Unis et de l’OTAN, et la secrétaire d’État de M. Clinton, Madeleine Albright entretenait une relation politique étroite avec Hashim Thaci, le dirigeant de l’ALK.
À la fois la CIA et le renseignement allemand, la BND, ont soutenu les terroristes de l’ALK en Yougoslavie avant et après qu’elle ne soit bombardée par l’OTAN en 1999. La BND avait des contacts avec l’ALK depuis le début des années 1990, au moment où l’ALK établissait des contacts avec Al-Qaïda. [17] Les membres de l’ALK étaient entraînés par Oussama ben Laden dans les camps d’entraînement en Afghanistan. Même l’ONU a affirmé que la violence provenait en majorité des membres de l’ALK « particulièrement des alliés de Hashim Thaci ». [18]
Le bombardement de l’OTAN au Kosovo en mars 1999 a été justifié par le faux-semblant suivant : mettre un terme à l’oppression des Albanais du Kosovo par les Serbes, qualifiée de génocide. L’administration Clinton a déclaré qu’au moins 100 000 Albanais du Kosovo étaient portés disparus et qu’ils avaient « peut-être été tués » par les Serbes. Bill Clinton a personnellement comparé les événements du Kosovo avec l’Holocauste. Le département d’État avait avoué craindre que près de 500 000 Albanais étaient mort. Finalement, l’évaluation officielle a réduit ce nombre à 10 000, toutefois, des enquêtes exhaustives ont révélé que moins de 2 500 des décès albanais pouvaient être attribués aux Serbes. Pendant la campagne de bombardements de l’OTAN, entre 400 et 1500 civils serbes ont été tués et l’OTAN a commis des crimes de guerres, dont le bombardement d’une station de télévision serbe et d’un hôpital. [19]
En 2000, le département d’État des États-Unis, en coopération avec la American Enterprise Institute, AEI, a tenu une conférence en Slovaquie sur l’intégration euro-atlantique. Parmi les participants, il y avait des chefs d’État, des officiels des Affaires étrangères et des ambassadeurs de divers États européens, ainsi que des représentants de l’ONU et de l’OTAN. [20] Un correspondance entre un politicien allemand présent à la rencontre et le chancelier allemand a révélé la vraie nature de la campagne de l’OTAN au Kosovo. On y apprenait que les conférenciers ont réclamé une déclaration hâtive de l’indépendance du Kosovo, que la guerre en Yougoslavie était menée dans le but d’élargir l’OTAN, que la Serbie serait exclue indéfiniment du développement européen afin de justifier une présence militaire états-unienne dans la région et que l’expansion était ultimement conçue pour endiguer la Russie. [21]
Élément important, « la guerre créait une raison d’être pour la perpétuité de l’OTAN dans un monde d’après-guerre froide, alors que l’organisation tentait désespérément de justifier son existence et son désir d’expansion ». En outre, « les Russes avaient assumé que l’OTAN se dissoudrait à la fin de la Guerre froide. Au contraire, non seulement l’OTAN s’est élargie, elle est allée en guerre en raison d’une dispute interne dans un pays slave d’Europe de l’Est ». Cela a été vu comme une grande menace. Ainsi, « la guerre de 1999 contre la Yougoslavie est à l’origine de bien des tensions entre les États-Unis et la Russie au cours de la dernière décennie ». [22]

La guerre au terrorisme et le Project for the New American Century (PNAC)
Bill Clinton est devenu président, les faucons néoconservateurs de l’administration de George H.W. Bush on formé un cercle de réflexion appelée Project for the New American Century (Projet pour un nouveau siècle états-unien) ou PNAC. En 2000, ils ont publié un rapport intitulé Rebuilding America’s Defenses: Strategy, Forces, and Resources for a New Century. (Reconstruire la défense des États-Unis : stratégie, forces et ressources pour un nouveau siècle). En se basant sur le document Defense Policy Guidance (Guide de la politique de défense) ils ont déclaré que « les États-Unis doivent conserver suffisamment de forces capables de se déployer rapidement et de gagner de multiples guerres de grande échelle à la fois [23] ». On ajoute, qu’« il est nécessaire de conserver suffisamment de forces de combat pour mener et gagner de nombreuses guerres de théâtre presque simultanées [et que] le Pentagone a besoin de commencer à calculer la force nécessaire pour protéger, indépendamment et en tout temps, les intérêts états-uniens en Europe, en Asie de l’Est et dans le Golfe ». [25]
Fait intéressant, le document indiquait que « depuis des décennies, les États-Unis ont cherché à jouer un rôle davantage permanent en matière de sécurité dans la région du Golfe. Alors que le conflit irrésolu avec l’Irak fournit une justification immédiate, la nécessité d’une force états-unienne substantielle dans le Golfe transcende la question du régime de Saddam Hussein [26] ». Cependant, en préconisant une importante augmentation des dépenses en défense ainsi que l’expansion de l’empire états-unien autour du globe, incluant la puissante destruction de nombreux pays par de grandes guerres de théâtre, le rapport mentionnait qu’« [e]n outre, le processus de transformation, même s’il apporte des changements révolutionnaires, sera probablement de longue durée s’il ne se produit pas d’événement catastrophique et catalyseur, comme un nouveau Pearl Harbor [27] ». Cet événement s’est produit un an plus tard, lors des attentats du 11 septembre. De nombreux auteurs du rapport et membres du PNAC étaient devenus des représentants de l’administration Bush et étaient en position convenable pour mettre leur « projet » à exécution après l’avènement de leur « nouveau Pearl Harbor ».
Les plans pour la guerre étaient « déjà en développement par les boîtes de réflexion d’extrême-droite dans les années 1990, des organisations au sein desquelles des combattants de la Guerre froide issus du cénacle des services secrets, des églises évangéliques et des compagnies de pétrole et d’armement formulaient des plans consternants pour un nouvel ordre mondial ». Afin d’y arriver, « les États-Unis auraient besoin d’utiliser tous les moyens – diplomatiques, économiques et militaires, même des guerres d’agression – pour avoir le contrôle à long terme des ressources de la planète et la capacité d’assurer la faiblesse de tout rival potentiel ».
Parmi les personnes impliquées dans le PNAC et les plans impériaux on trouve “Dick Cheney – vice-président; Lewis Libby – chef d’état-major de M. Cheney; Donald Rumsfeld – secrétaire à la Défense; Paul Wolfowitz – secrétaire de M. Rumsfeld; Peter Rodman – chargé des Affaires de Sécurité mondiale; John Bolton – secrétaire d’État pour le contrôle des armements; Richard Armitage – adjoint du secrétaire d’État; Richard Perle – ancien adjoint du secrétaire à la Défense sous Reagan, aujourd’hui à la tête du Defense Policy Board (conseil des politiques de Défense); William Kristol – directeur du PNAC et conseiller de M. Bush, connu comme le cerveau du président et Zalmay Khalilzad », qui est devenu ambassadeur et en Afghanistan et en Irak après les changements de régimes [28].

Le « grand échiquier » de Brzezinski
Ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis : Zbigniew Brzezinski Le stratégiste faucon par excellence, Zbigniew Brzezinski, co-fondateur de la Commission trilatérale avec David Rockefeller, ancien conseiller à la Sécurité nationale et architecte clé de la politique étrangère sous Jimmy Carter, est également l’auteur d’un livre sur la géostratégie états-unienne. M. Brzezinski est par ailleurs membre du Council on Foreign Relations, du groupe Bilderberg et a aussi été membre du conseil d’administration d’Amnistie internationale, du Conseil de l'Atlantique et de National Endowment for Democracy (NED). À l’heure actuelle, il est administrateur et conseiller au Center for Strategic and International Studies (CSIS), un important cercle de réflexion états-unien.
Dans son livre Le grand échiquier, paru en 1997, Brzezinski a tracé les grandes lignes d’une stratégie pour les États-Unis dans le monde. Il a écrit : « Pour les États-Unis, le grand prix politique est l’Eurasie. Depuis un demi-millénaire, les affaires mondiales ont été dominées par les pouvoirs eurasiens et les peuples qui se sont battus entre eux pour la domination régionale et ont aspiré au pouvoir mondial. » Il ajoute, « la façon dont les États-Unis “s’y prennent” avec l’Eurasie est critique. L’Eurasie constitue le plus grand continent du globe et représente un axe géopolitique. Un pouvoir dominant l’Eurasie contrôlerait deux des trois régions du monde les plus avancées et les plus productives sur le plan économique. Un simple coup d’œil sur la carte suggère également que la domination de l’Eurasie impliquerait presque systématiquement la subordination de l’Afrique [29] ».
Il poursuit l’élaboration d’une stratégie pour l’empire états-unien en affirmant qu’« il est impératif qu’aucun opposant eurasien n’émerge, et soit capable de dominer l’Eurasie et, par conséquent, de défier les États-Unis. L’objectif de ce livre est donc de formuler une géostratégie eurasienne approfondie et intégrée [30] ». Il explique : « Deux étapes fondamentales sont donc requises : premièrement, identifier les États eurasiens dynamiques sur le plan géostratégique ayant le pouvoir de provoquer un changement potentiellement important dans la distribution internationale du pouvoir et de déchiffrer les principaux objectifs extérieurs de leurs élites politiques respectives et les conséquences probables de ces aspirations; deuxièmement, formuler des politiques spécifiquement états-uniennes pour compenser, coopter et/ou contrôler ce qui précède [31]. »
Cela signifie qu’il est primordial d’identifier les États qui seraient de potentiels pivots sur lesquels l’équilibre des puissances de la région mettrait fin à la sphère d’influence états-unienne, et qu’il faut ensuite « compenser, coopter et/ou contrôler » de tels États et de telles circonstances. L’Iran serait un exemple : il est l’un des plus grands producteurs de pétrole du monde et détient une position stratégique significative dans l’axe de l’Europe, de l’Asie et du Moyen-Orient. L’Iran pourrait détenir la capacité de modifier l’équilibre des puissances en Eurasie s’il s’alliait étroitement à la Russie ou à la Chine, ou les deux, en leur offrant un important approvisionnement en pétrole de même qu’une sphère d’influence dans le Golfe, rivalisant ainsi l’hégémonie états-unienne dans la région.
M. Brzezinski a supprimé toute subtilité de ses penchants impérialistes et écrit : « Afin de l’exprimer dans une terminologie rappelant l’âge davantage brutal des anciens empires, les trois grands impératifs de la géostratégie sont : prévenir la collusion et maintenir la dépendance sécuritaire entre les vassaux, préserver la protection des tributaires et leur caractère influençable, et finalement empêcher les barbares de s’unir [32]. »
Brzezinski fait référence aux républiques d’Asie centrale sous le nom « Balkans eurasiens » en écrivant : « De plus, d’un point de vue sécuritaire et sur le plan des ambitions historiques elles [républiques d’Asie centrale] sont importantes pour au moins trois de leurs voisins immédiats les plus puissants, à savoir, la Russie, la Turquie et l’Iran, ainsi que pour la Chine, qui démontre un intérêt politique accru envers la région. Mais les Balkans eurasiens constituent un trésor économique potentiel et sont infiniment plus importants pour cette raison : une énorme concentration de gaz naturel et de réserves de pétrole se trouve dans cette région, en plus d’importants minéraux, dont l’or [33]. » Il ajoute :« Il s’ensuit que l’intérêt principal des États-Unis est d’aider à s’assurer qu’aucun pouvoir à lui seul arrive à contrôler cet espace géopolitique et que la communauté internationale y ait accès économiquement et financièrement, sans entraves [34] ». Voilà un illustre exemple du rôle des États-Unis en tant qu’engin impérial : le pays pratique une politique étrangère impériale conçue pour maintenir ses positions stratégiques, mais dont le but « infiniment plus important » est d’abord, de sécuriser le « trésor économique » pour la « communauté internationale ». En d’autres termes, les États-Unis constituent une hégémonie impériale œuvrant pour les intérêts financiers internationaux. Brzezinski a également avertit que « les États-Unis pourraient devoir déterminer la façon de composer avec les coalitions régionales qui cherchent à évincer le pays de l’Eurasie, menaçant ainsi son statut de puissance mondiale [35] ». Il « met au premier plan la tactique et la manipulation afin de prévenir l’émergence d’une coalition hostile qui pourrait tôt ou tard chercher à défier la primauté états-unienne ». Ainsi, « [l]a tâche la plus urgente consiste à s’assurer qu’aucun État ou ensemble d’États acquière la capacité d’expulser les États-Unis de l’Eurasie ou même de diminuer de manière significative son rôle décisif d’arbitre [36] ».

La guerre au terrorisme et l’impérialisme excessif
En 2000, le Pentagone a publié un document appelé Joint Vision 2020, qui expose brièvement un projet destiné à accomplir ce qu’ils nomment « Full Spectrum Dominance » (domination sous tous ses aspects), en tant que modèle pour le département de la Défense dans le futur. « La domination sous tous ses aspects signifie la capacité des forces états-uniennes, agissant seules ou avec des alliés, de vaincre n’importe quel adversaire et de contrôler n’importe quelle situation pour l’ensemble des opérations militaires. » Le rapport « aborde la domination sous tous ses aspects dans l’ensemble des conflits, de la guerre nucléaire aux grandes guerres de théâtre, en passant par les contingences de plus petite échelle. Il touche également aux situations imprécises comme le maintien de la paix et l’aide humanitaire n’impliquant pas de combat ». On mentionne également « [l]e développement d’un réseau d’informations mondial offrant un environnement propice à la supériorité décisionnelle [37] ».
Comme l’expliquait l’économiste politique Ellen Wood, « [l]a domination sans frontières de l’économie mondiale et des nombreux États qui l’administrent nécessite une action militaire sans fin, dans l’intention ou dans le temps [38] ». Elle ajoute : « La domination impériale dans une économie capitaliste mondiale requière un équilibre délicat et contradictoire entre l’abolition de la compétition et le maintien des conditions qui génèrent des marchés et des profits dans les économies en compétition. Il s’agit des contradictions les plus fondamentales du nouvel ordre mondial [39]. »
Après le 11 septembre, la « doctrine Bush » a été mise en place. Elle réclamait « un droit exclusif et unilatéral à l’attaque préventive, partout et en tout temps, libre de tout accord international, afin de s’assurer que “[leurs] forces seront assez fortes pour dissuader des adversaires potentiels de se développer militairement dans l’espoir de surpasser ou d’égaler la puissance des États-Unis” [40] ».
L’OTAN a entrepris la première invasion terrestre de toute son histoire avec l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan en octobre 2001. En réalité, la guerre afghane avait été planifiée avant les événements du 11 septembre, avec la rupture d’un important marché de pipeline entre des compagnies pétrolières occidentales et les talibans. La guerre en soi a été orchestrée en été 2001, avec le plan fonctionnel pour aller en guerre à la mi-octobre [41].
D’un point de vu géopolitique, l’Afghanistan est extrêmement important, car « le transport de tout le combustible fossile du bassin de la mer Caspienne à travers la Russie ou l’Azerbaïdjan accroîtrait énormément le contrôle politique et économique de la Russie sur les républiques d’Asie centrale, ce que l’Ouest a précisément tenté de prévenir pendant 10 ans. Le faire passer par l’Iran enrichirait un régime que les États-Unis cherchent à isoler. Envoyer le combustible par le long chemin de la Chine, en passant complètement à côté des considérations stratégiques, se ferait à un coût prohibitif. Si les pipelines passaient toutefois par l’Afghanistan, cela permettrait aux États-Unis de poursuivre à la fois son objectif de “diversification de l’approvisionnement énergétique” et de pénétrer les marchés les plus lucratifs du monde [42] ».
Comme le soulignait le San Francisco Chronicle, à peine deux semaines après les attaques du 11 septembre, « [a]u-delà de la détermination états-unienne de se venger des auteurs de l’attentat, au-delà de la probabilité de batailles interminables provoquant davantage de pertes civiles dans les mois et les années à venir, les enjeux cachés dans la guerre au terrorisme peuvent se résumer en un seul mot : pétrole ». Le quotidien explique en outre que « [l]a carte des sanctuaires de terroristes et des cibles au Moyen-Orient et en Asie centrale est également, dans une mesure extraordinaire, la carte des principales sources d’énergie mondiales au 21e siècle. La défense de ces ressources énergétiques, au lieu d’être une simple confrontation entre l’Islam et l’Ouest – sera la première étincelle du conflit mondial qui perdurera dans les prochaines décennies ».
Au nombre des multiples États notables où il y a un croisement entre le terrorisme, le pétrole et les réserves de gaz, et qui sont d’une importance capitale pour les États-Unis et l’Ouest, on trouve l’Arabie Saoudite, la Lybie, le Bahreïn, les Émirats du Golfe, l’Iran, l’Irak, l’Égypte, le Soudan, l’Algérie, le Turkménistan, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, la Tchétchénie, la Géorgie et l’est de la Turquie. Fait marquant, « cette région compte plus de 65 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel ». Aussi, « inévitablement, bien des gens verront la guerre contre le terrorisme comme une guerre pour le compte des états-uniennes Chevron, ExxonMobil et Arco, de la française TotalFinaElf; de la britannique British Petroleum et de la et néerlandaise Royal Dutch Shell et d’autres géantes multinationales, lesquelles ont investi des centaines de milliards de dollars dans la région [43] ».
Ce n’est pas un secret que la guerre en Irak était étroitement liée au pétrole. À l’été 2001, Dick Cheney a organisé une Energy Task Force (unité d’intervention sur l’énergie), qui constituait une série de rencontres extrêmement secrètes, où l’on déterminait la politique énergétique des États-Unis. Lors de ces rencontres, ainsi que par divers moyens de communication, M. Cheney et ses assistants se sont entretenus avec de hauts représentants et des dirigeants de Shell Oil, British Petroleum (BP), Exxon Mobil, Chevron, et Conoco [44]. Lors de la réunion qui s’est tenue avant le 11 septembre et avant que l’on ne mentionne une guerre en Irak, des documents traitant des champs pétrolifères, des pipelines, des raffineries et des terminaux ont été présentés et ont fait l’objet de discussions. « [S]ur des documents saoudiens et émiratis figurait également une carte de tous les champs pétrolifères, pipelines, raffineries et terminaux pétroliers de chaque pays [45]. » Depuis, Royal Dutch Shell et British Petroleum ont toutes deux reçu d’importants contrats pour développer les champs pétrolifères iraquiens [46].
La guerre en Irak, tout comme la guerre en Afghanistan, servent des intérêts stratégiques dans cette région : en grande partie, des intérêts spécifiquement états-uniens, et, en général, des intérêts impériaux de l’Occident. Ces guerres ont été particulièrement conçues pour éliminer, menacer ou endiguer les pouvoirs régionaux, ainsi que pour y instaurer directement plusieurs douzaines de bases militaires, établissant ainsi, de manière ferme, une présence impériale. Le but de cette entreprise vise largement les joueurs important de la région et tend spécifiquement à encercler la Russie et la Chine et à menacer leur accès aux réserves régionales de pétrole et de gaz. L’Iran est désormais cerné, par l’Irak d’un côté et l’Afghanistan de l’autre.

Conclusion
La première partie de cet essai a tracé les grandes lignes de la stratégie impériale des États-Unis et de l’OTAN visant à entrer dans le nouvel ordre mondial après le démantèlement de l’Union Soviétique. Le but principal visait à encercler la Russie et la Chine et à prévenir l’émergence d’une nouvelle superpuissance. Les États-Unis devaient agir à titre d’hégémonie impériale, servant les intérêts financiers internationaux dans l’imposition d’un nouvel ordre mondial. La prochaine partie de cet essai examine les « révolutions de couleur » à travers l’Europe de l’Est et l’Asie centrale, lesquelles perpétuent la politique d’endiguement de la Russie et de la Chine, en contrôlant l’accès aux principales réserves de gaz naturel et leurs voies de transport. Les « révolutions de couleur » ont été une force cruciale de la stratégie géopolitique, et leur analyse est essentielle à la compréhension du nouvel ordre mondial.

par Andrew Gavin Marshall / Mondialisation.ca. / , Le 20 novembre 2009
Article original en anglais: An Imperial Strategy for a New World Order, publié le 16 octobre 2009.Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

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[29] Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Pages 30-31[30] Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page xiv[31] Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 41[32] Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 40[33] Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 124[34] Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 148[35] Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 55[36] Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives. Basic Books, 1997: Page 198[37] Jim Garamone, Joint Vision 2020 Emphasizes Full-spectrum Dominance. American Forces Press Service: June 2, 2000:
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http://www.judicialwatch.org/printer_iraqi-oilfield-pr.shtml[46] TERRY MACALISTER, Criticism as Shell signs $4bn Iraq oil deal. Mail and Guardian: September 30, 2008: http://www.mg.co.za/article/
-09-30-criticism-as-shell-signs-4bn-iraq-oil-
-Jazeera, BP group wins Iraq oil contract. Al Jazeera Online: June 30, 2009: http://english.aljazeera.net/
news/middleeast/2009/06/200963093615637434.html Andrew Gavin Marshall est chercheur au Centre de recherche sur la mondialisation. Il étudie l'économie politique et l'histoire à l'université Simon Fraser (Colombie-Britannique, Canada).

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lundi, juillet 13, 2009

Le pouvoir des ténèbres


La démocratie, le pouvoir au peuple tel est le slogan des pays occidentaux, qui veulent imposer cette utopie aux pays africains entre autres. Cette utopie qui a depuis belle lurette démontrer ses limites est parfaitement symbolisée par ces deux fameuses citations de Winston Churchill la concernant : « La démocratie est le pire des systèmes à l’exception des autres » « Le meilleur argument contre la démocratie est une discussion de 5 minutes avec le citoyen moyen » Ces citations pleines de pertinence sont on ne peut plus vraies et démontrent le cynisme de cette farce qui est plutôt un instrument de contrôle très puissant et basé sur le dogme de la liberté. Qui croit encore en la démocratie et à ses « supposées » vertus ? Qui croit encore que les politiciens actuels même élus « démocratiquement » ont le désir et la volonté d’améliorer les conditions de vies de leurs concitoyens ? Ce double échec ne me conforte que dans une seule idée, la force de suggestion des « ténèbres » est plus forte que jamais.

Qui ne rêve pas d’être libre ici bas ? Qui ne rêve pas de pouvoir voler et être indestructible comme Superman ? Qui ne rêve pas de voyager dans l’espace et voir ce qui s’y passe ? Quel esprit aventureux n’aurait pas aimé être Neil Armstrong posant son pied sur la lune ? Mais voilà nous ne pouvons faire toutes ces choses (sauf quelques fois en rêve) et bien souvent nous devons-nous en contenter. Les politiciens nous parlent d’un concept fabuleux qui s’appelle la démocratie et qui autorise le peuple à choisir qui bon lui semble et à le révoquer si nécessaire. Le pouvoir est au peuple dit-on, le peuple est souverain. Mais la première question que l’on peut se poser est, est-ce que les dirigeants ont intérêt à ce que le peuple soit souverain. Pas sur toutes les questions nous dit-on car le peuple n’est pas assez connaisseur sur certains sujets. Mais ai-je envie de demander, comment se fait-il que le peuple qui est sensé être souverain puisse être ignorant sur certains sujets ? N’y a-t-il pas comme qui dirait une contradiction ? Et si le peuple faisait ce que bon lui semble ne risque-t-on pas d’assister à la cacophonie ? La démocratie part du principe que le peuple est mâture et sait se prendre en charge. Mais un tel peuple à vrai dire n’aurait pas besoin de politiciens mais tout au plus de porte-paroles ! Et c’est ce que se prétend Sarkozy en répétant à tue-tête « qu’il a été élu pour ceci ou cela ». Tout ce qu’il fait est donc l’expression de la vox populi ! En clair il traduit en actes ce que le peuple lui aurait demandé en votant pour lui. Est-ce donc le peuple qui lui a demandé d’augmenter son salaire ? Est-ce le peuple qui lui a demandé d’augmenter le budget de l’Elysée ? Ou prend-il tout simplement le peuple pour une bande d’incultes ignares et enfantins ? Oui disons que Sarkozy est un produit de la démocratie à l’occidental tout comme Bush, Blair et beaucoup d’autres. Cette « démocratie » présentée comme la meilleure au monde produit d’ailleurs de drôles de cocos. Nous ne les jugeons que sur leurs actes et leurs dires rien de plus. Etonnant comment cette fabuleuse démocratie française est salie pas mal d’affaires sordides ! Juppé, Fabius, Chirac et on ne sait combien d’autres ont été impliqués dans de sales affaires et pourtant et pourtant. Evidemment ils ne seraient plus là si le peuple les avait clairement « révoqués » et par conséquent le peuple est en quelque sorte complice de cette infamie qui se fait en son nom.

Un peuple de moutons ?
Qui a le pouvoir ? La grande majorité ou quelques hurluberlus qui se présentent comme des illuminés et des connaisseurs ? Il suffit d’observer les gens pour comprendre comment et pourquoi le peuple s’est laissé déposséder du pouvoir. Plus préoccupé à se distraire qu’à s’inquiéter de ce qui le concerne, le peuple a tourné le dos à ses responsabilités qui sont pourtant nombreuses. Nous avons un devoir de solidarité envers les plus démunis, nous avons aussi un devoir de solidarité envers les générations futures à moins de considérer que nous sommes la dernière génération sur terre (et même si c’était le cas nous ne le saurions pas avant qu’il ne soit trop tard). Mais le peuple a-t-il la force morale et mentale de résister à ce qui l’attend et à inverser la tendance ? J’aurais envie de dire que nous sommes à la croisée des chemins. Il est temps pour la majorité de choisir entre la pilule bleu et la pilule rouge. Le peuple pour retrouver son pouvoir ne doit pas seulement ouvrir les yeux mais il doit comprendre le pourquoi. Pourquoi l’entraine-t-on dans des guerres sordides ? Pourquoi lui impose-t-on des choses qu’il ne comprend pas ! « Pourquoi » est la seule source de pouvoir autrement nous ne sommes que des zombies et des moutons. Le peuple doit être aussi prêt à accepter la vérité peu importe ce qu’elle est. Mais trop d’humains en ont peur et on sait pourquoi. Sans doute pense-t-on que nous ne sommes jamais assez grands pour prendre nos responsabilités. Pendant que nous tergiversons d’autres souffrent et ce sont des enfants, des innocents ! Le drame c’est que ces enfants qui souffrent ailleurs, nous n’avons pas conscience que ce sont nos futurs enfants ! Car les ténèbres avancent insidieusement et à l’instar de Pipin (qui lui pensait que l'endroit où il vivait serait épargné par les forces des ténèbres) dans « le seigneur des anneaux » (2ème épisode) beaucoup pensent que le mal s’arrête aux frontières des pays (comme sans doute le nuage radioactif de Tchernobyl). Or ces frontières n’existent déjà plus avec la mondialisation. Car pourquoi ces enfants souffrent ? Nous savons qu’ils sont victimes de vampire qui devant nous se pavanent en grosses voitures, en gros avions ou en yachts de luxe. Des hypocrites qui tel Al Gore disent aux autres de se serrer la ceinture tandis qu’eux mènent grand train. Cette « lumière artificielle » n’est produite qu’en provoquant les ténèbres chez les autres. Alors il reste à savoir jusqu’où ces personnes que nous laissons faire vont aller !

Un funeste destin
Pourquoi s’arrêter quand il y a si peu de résistance ? J’ai choqué quelqu’un en disant que l’avenir de la France ressemblait à celui d’un pays du tiers-monde, avec une caste dominante et une marée de miséreux. Il ne m’a pas cru, tant pis pour lui et tant pis pour nous si j’ai raison. Je conçoive qu’il soit difficile pour certains européens de penser que leur pays qui ont atteint selon la propagande une certaine magnificence puisse chuter et ressembler aux chaotiques pays africains. Je ne nie pas que la démocratie a apparemment eu de beaux jours, mais tout mirage finit par s’évanouir. Et tout est une question de cycles et l’élite à l’instar d’Al Pacino jouant le rôle du diable dans « l’associé du diable » pense que son heure est arrivée. L’élite s’est toujours efforcée de dominer mais au gré des possibilités et des opportunités son pouvoir est plus ou moins visible. L’élite n’avait pas la possibilité de dominer complètement et a changé la nature de son pouvoir en attendant de pouvoir remettre en place un système qui lui assurera un contrôle total au plan planétaire cette fois. Avant on faisait croire que le roi était l’élu de Dieu ou un dieu lui-même et maintenant on fait croire que « le roi » est l’élu du peuple (le peuple étant sensé être le « tout-puissant » dans la démocratie). Et si avant le roi régnait au nom de Dieu, maintenant il règne au nom du peuple. On essaie de nous faire croire que les choses ont positivement évolué et que par exemple on peut critiquer le pouvoir. Mais les personnes attaquées en justice par Sarkozy et Morano pour des « broutilles » doivent penser autrement. Certes un respect est du au chef (comme aurait eu plaisir à le dire Mobutu) mais on ne respecte que ce qui est respectable. J’imagine mal de telles marques d’impolitesse adressées à un Mitterrand par exemple. Le gros problème de Sarkozy et d’autres est selon moi leur impatience d’être comme au temps des rois des temps anciens. Oui nous devons comprendre le pourquoi des choses et quel est donc le but de ces personnes qui dirigent (en apparence). Elles ont imposé la mondialisation et font semblant maintenant de découvrir que c’est quelque chose de dangereux. Et à présent elles nous parlent de régulation globale pour un marché global (ce qui ne peut surprendre que les naïfs et les ignorants car c’était cousu de fil blanc). Alors soit elles ne sont pas prévoyantes et dans ce cas elles n’ont rien à faire au pouvoir soit elles sont manipulatrices. Elles essaient en tout cas de nous faire croire qu’elles ne sont pas prévoyantes mais qu’elles pourraient avoir des solutions pour les problèmes que rencontre le genre humain. Ce qui vous en conviendrez est le comble du ridicule.

L’art de nous prendre pour des crétins
Il était clair qu’un marché global serait trop gros pour être contrôlé, régulé et que de nombreuses dérives allaient être observées ! Ces dirigeants sont-ils des idiots ? Ou pire des apprentis-sorciers ? Nous nous pensons qu’ils savent parfaitement ce qu’ils font et qu’ils ont plus d’un tour dans leur sac. Quand je parle de dirigeants je ne parle point de ces aimables pantins qui ne sont que des comédiens pour distraire le peuple. Ils sont l’interface entre nous et le vrai pouvoir des composants du système, un peu comme des « agents de la matrice ». Comme tout pion ils ont un rôle à jouer et jouent le rôle de fusibles et de variables d’ajustement. Le peuple pense avoir le pouvoir il ne l’a pas, les dirigeants sont sensés dirigés au nom du peuple, mais ce n’est pas non plus le cas et ils (les politiques) font montre de leur impuissance (laquelle peut-être feinte comme l’étrange incompétence qui aurait conduit quelques fous à provoquer les attentats du 11 septembre 2001). Il convient ici d’être prudent car beaucoup pensent que les dirigeants sont intelligents mais jouent les idiots ! Quant à moi et mes amis nous pensons qu’ils ne sont que des pions « charismatiques » (pas toujours choisis pour leur intelligence) pour la plupart d’entre eux. Prenons le cas de Sarkozy et Bush, ils se croient intelligents mais nous voyons clairement des traits de leur caractère. Ils sont en fait nerveux, instables et peu sûrs d’eux contrairement à des personnes comme Mitterrand, Bush père et d’autres qui avaient une froide assurance. Je pense que cela nous montre la différence entre ceux qui sont proches du « saint des saints » des ténèbres et ceux qui ne sont que des « jouets » que l’on balade et que l’on utilise pour amuser la galerie. Mais Bush avait son Cheney (dont le mentor est vraisemblablement David Rockefeller), Clinton son Al Gore, Reagan son Bush père et je suis (presque) sûr que Sarkozy doit avoir quelqu’un qui est là dans l’ombre et qui dirige réellement la France. Un de ses proches conseillers probablement. Certains de mes potes pensent que ça pourrait être Guaino, moi je ne sais pas je préfère rester prudent. Tout ça s’apparente à un système de poupées russes. Une image me vient en tête, c’est dans le dessin animé de Disney, « Alice au pays des merveilles » où sur l’échiquier géant l’on s’aperçoit que le gentil roi n’était en fait qu’une façade pour une méchante reine. Et les dirigeants, pions qu’ils sont ne sont au courant que de ce qu’ils doivent savoir, pas plus. Mais une sinistre possibilité est à envisager et je pense que ceux qui ne jouissent pas d’une certaine dose d’ouverture d’esprit devraient s’arrêter ici.

Penser à l’impensable
Cette obsession que certains ont de vouloir créer un état mondial ne peut que nous faire penser à des choses qui relèvent du mystique. Certains comme David Icke (http://www.nouvelordremondial.cc/cat/david-icke/), écrivain fort controversé je le sais, pense donc que des entités reptiliennes veulent prendre le contrôle total et absolu du genre humain sans doute pour « boire notre énergie » un peu comme le font les machines dans « Matrix ». Certes Icke ne s’est pas levé comme cela pour imaginer cela et si je ne suis pas d’accord avec lui sur tout je pense qu’il est dans le vrai. Je pense effectivement que des entités un peu comme celles décrites par l’ami de Icke, Credo Mutwa (http://conspiration.ca/conspir/credo_mutwa_fr.html) se nourrissent de nos émotions et que la télé et le cinéma par exemple sont de très bons outils pour susciter des (fortes) émotions chez les humains et par conséquent offrir un véritable festin à ces créatures. Mais peut-être que le système qui est en place n’est pas suffisamment efficace pour eux et donc ils envisagent un qui est plus élaboré. Attendent-ils la « configuration cosmique » idéal pour passer à l’acte et cette configuration viendra peut-être bientôt, 2012 ? Mais cela ne peut-être fait que si l’humain choisit délibérément d’entrer de ce système par des choix douteux. Pour ceux qui ont vu le « magicien d’Oz » on se rappelle que Dorothy l’héroïne avait le pouvoir de rentrer chez elle à tout moment en tapant trois fois l’une contre l’autre ses étranges chaussures rouges. Elle avait la possibilité de sortir du « rêve », mais elle l’ignorait jusqu’à ce que la « sorcière du nord » le lui révèle. Ainsi Icke pense sans aucun doute que nous pouvons sortir du traquenard mais nous l’ignorons. Cependant il a prévenu que nous avons un temps limité pour réagir et je veux bien le croire sur ce point ci quoique je croie que certains humains ne se laisseront jamais avoir. Et l’architecte dans « Matrix 2 » le sait d’où la création d’un outil de contrôle nommé élu à qui on accorde certains pouvoir et l’illusion du choix afin qu’il entraîne les rebelles derrière lui bien aidé par le pendant de l’architecte, l’oracle. Mais quelques fois même cet outil de contrôle se rebelle et les choses bougent et pas forcément dans un sens contrôlable pour ces « parasites ». Mais la connaissance de l’humain ne pourra jamais être parfaite pour ces entités qui pensent que les humains obéissent à un schéma de penser bien précis comme Satan.

Les tentations de Satan
Satan que je considère en tant que croyant comme réel autant que comme une métaphore (ou concept) est l’esprit tentateur qui essaie de faire dévier l’humain. Mais quel pouvoir aurait Satan si les humains ne l’écoutaient pas ? Aucun ! Et c’est sans doute cela qui doit l’effrayer ! Il s’efforce donc de faire croire qu’il a un pouvoir sur nous. Et il pousse ses pions à croire qu’ils ont aussi un pouvoir quand ils n’en ont aucun puisqu’ils sont soumis à un être qui n’a lui-même aucun pouvoir. Tout ceci est donc un château de cartes qui peut assez aisément s’effondrer. Ils ont en fait le pouvoir que nous leur accordons par notre peur de la mort et notre peur de la souffrance. Mais la souffrance et la mort sont inévitables et on ne peut éternellement les repousser tout comme on ne peut éternellement s’amuser et éprouver du plaisir. Nous devons à un moment ou un autre faire face aux difficultés et réalités de la vie. Alors peut-être que les reptiliens de Icke que l’on peut assimiler à des démons existent mais c’est nous qui leur donnons de la force car ils entrent « en résonnance » avec nos propres démons, cette force corruptrice qui peut nous détruire complètement. Comme un magicien Satan a le pouvoir de faire des mirages et des miracles en apparence et de mettre en place un piège pour l’esprit. Un piège si bien huilé qu’il paraîtra vachement réel à l’esprit. Et quand l’esprit est piégé, il est tel un papillon dont les ailes sont mouillées, il ne peut plus s’envoler. Et le corps suit l’esprit. Satan doit au départ gagner notre confiance, une fois qu’il l’a il cherche à avoir de plus en plus d’influence sur nous jusqu’à prendre le contrôle total. Regarder un film comme « Fight Club » c’est exactement ça le concept. Mais par un choix délibéré on peut se libérer comme l’a fait le héros de fight club de son « double maléfique ». Mais se libérer ne se fera pas sans douleur et n’importe comment, sinon ça aurait été trop facile. Regardons un peu la complexité du piège qui nous a été concocté.

Le piège, la matrice
Dans ce système nous avons une sorte de double artificiel. Un double qui porte un nom, qui a un numéro de sécurité social, un compte en banque, nous payons des impôts etc… Bref se double se définit par différents moyens artificiels. Mais ce double un peu comme le double dans la « matrice » est celui qui permet au système de savoir où nous sommes et ce que nous faisons. A chaque fois que nous utilisons un téléphone portable ou une carte bancaire le système nous localise et pire il sait ce que nous faisons. Si nous sortons du système en renonçant à tous ces outils artificiels (téléphone portable, carte bancaire etc..) nous détruisons ce double artificiel et le système n’a aucun moyen de savoir où nous sommes ni ce que nous faisons. Pour que le système soit plus proche de notre nous véritable, il essaie de créer des doubles de plus en plus précis en ayant de plus en plus d’informations sur nous. Alors il crée des réseaux sociaux (facebook par exemple) pour nous soutirer de plus en plus d’information et par la même mieux définir le double. L’astuce est de nous faire croire que ce double nous facilite la vie ! Le but final est que nous et notre double artificiel ne soyons plus qu’un. Une fois que cela arrivera nous sommes morts car le système aura droit de vie et de mort sur nous. Et cela est sans aucun doute symboliser par la puce ! Avec la puce nous porterons ce double artificiel en nous et il suffira de détruire ce double pour nous détruire. N’est-ce pas le cas dans le film « ennemi d’état » ou en détruisant le double « numérique » (virtuel) du personnage joué Will Smith on l’a détruit. C’est pour cela que le combat de personnes comme Ghislaine Lanctot (http://www.alternativesante.com/gazette/sections/section.asp?NoSection=60&NoArticle=171) est admirable et mérite d’être connu à défaut d’être soutenu. Cette brave dame lutte contre ce système d’illusion avec un grand courage, courage qui nous manque à nous. Par son courage elle cherche à détruire son double artificiel mais le système ne la laissera pas agir et être un exemple pour les autres. Tout simplement par le système sert des parasites et que sans lui ses parasites meurent. Mais il a tellement convaincu notre esprit qu’il était indispensable que nous le croyons.

Le pouvoir
Le pouvoir commence par comprendre le pourquoi des choses, une fois que l’on a compris on peut faire un choix éclairé. Mais attention il y a plusieurs niveaux de compréhension. Et n’essayer pas de fuir une matrice pour entrer dans une autre comme Morphéus de « Matrix » ou Edward Norton dans « fight club ». Notre égo est une autre forme de piège pour l’esprit. Certes une fois au courant de ce qui se passe nous pouvons faire un choix éclairé, mais il reste qu’un choix est un choix ! Et nous pouvons encore faire le mauvais choix car nous n’avons pas vaincu l’ultime adversaire, nous-mêmes ou l’égrégore orgueilleux que nous avons crée qui est un double maléfique ! C’est pour cela qu’il y a deux catégories d’illuminés, les bons et les mauvais. Les bons cherchent à réveiller le peuple, les mauvais cherchent à l’endormir car ils ne pensent qu’à eux-mêmes. La fierté et l’ambition les rongent à un point qu’on ne peut imaginer et ils servent de leur savoir pour étancher leur soif de pouvoir. De telles personnes sont effrayantes et c’est d’elles qu’il faut se méfier par-dessus tout. Elles servent le mal en toute connaissance de cause ! Sont-elles humaines ou pas, difficile de dire car je pense qu’elles ont fusionné avec leur double maléfique (qui est peut-être tout simplement un puissant démon qu’elles ont attiré par leurs mauvais choix). Elles ne sont plus des humaines mais des démons. Sans doute même maudissent-elles leurs faiblesses humaines. Je pressens que des êtres comme Bush Père, Al Gore et d’autres sont de cet acabit là. Ou alors peut-être que Icke a raison en disant que ces personnes sont complètement habitées par des démons (de la 4ème densité qui contrôlent chacun de leur geste. Ces démons les contrôlent tellement que pour garder apparence humaine, ils doivent boire du sang humain (boire du sang humain est un puissant acte de sorcellerie en Afrique et une personne comme Amin Dada était suspecté de le faire). Ne croyons donc pas que si nous échappons au système (qui est somme toute une forme basique de contrôle) nous serons libres ! Etre des illuminés ne suffit pas, il faut aussi avoir la volonté de faire le bien et de sacrifier pour les innocents de ce monde. Si on se croise les bras et on ne fait rien nous ne valons pas mieux qu’un démon, qu’un destructeur de bien. Faire le bien ne porte pas des fruits immédiats et c’est ce qui décourage beaucoup de personnes. Il reste à savoir si nous seuls, nous pouvons avoir la volonté ferme et résolue de faire le bien où si nous devons nous connecter à une force supérieure bénéfique pour pouvoir y arriver et dans une telle relation il n’y a pas de place pour l’orgueil et l’ambition. C’est ce que je crois mais ceci est une autre histoire…

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samedi, juillet 11, 2009

Riches et pas responsables !

En s’engageant sur un programme de 20 milliards de dollars destiné à lutter contre la famine en Afrique, le sommet du G8 a, sur un seul point, débouché sur une décision qui semble consensuelle.
Le montant sur lequel se sont engagés les pays les plus riches est d’un niveau satisfaisant, même si les experts estiment que les besoins nécessitent un effort encore plus substantiel.
La détérioration rapide des conditions climatiques, la progression démographique très soutenue - le continent passera de 900 millions d’habitants environ aujourd’hui à plus d’un milliard et demi en 2050 -, ainsi que les subventions occidentales à leur propre secteur agricole menacent directement des millions de personnes en Afrique. L’aide directe, dont une partie sera investie dans l’agriculture vivrière, compensera ainsi en partie les dégâts considérables infligés à la production africaine stérilisée partiellement par la concurrence des importations. Il s’agit donc incontestablement d’un pas vers la solidarité internationale de la part des pays les plus avancés. Un pas rendu nécessaire par la montée des périls liée aux conséquences de la crise mondiale et de la hausse des prix des produits alimentaires.
De fait, en agissant de la sorte, les pays les plus avancés reconnaissent aussi leur responsabilité en tant qu’acteurs décisifs d’une crise dont le prix sera payé le plus chèrement par les plus faibles. C’est également sur le terrain de la responsabilité des pays industrialisés que se situe le débat sur le réchauffement climatique et les mesures de réduction des gaz à effet de serre. Les plus grands - et les plus anciens - pollueurs souhaitent imposer des efforts aux pays émergents, sans s’engager eux-mêmes sur des objectifs chiffrés. La contribution de ces pays, à l’exception notable des BRIC, au réchauffement est marginale.
« Les investissements dans l’efficacité énergétique et dans les technologies propres doivent être multipliés par quatre pour maintenir l’augmentation moyenne de la température mondiale sous les 2°C », a indiqué l’AIE, estimant l’investissement nécessaire à « 400 milliards de dollars supplémentaires par an pendant les vingt prochaines années ».
L’impression générale qui se dégage est la volonté des Occidentaux de ne pas s’engager sur des dates précises et de maintenir en l’état le rapport inégal dans le domaine du réchauffement. L’attitude des pays riches est observée avec beaucoup de prudence, et une certaine causticité, par les pays du Sud. La position du G8 vis-à-vis des questions de sécurité alimentaire et de réchauffement ressemble beaucoup à celle qu’ils ont adoptée face à la crise économique. « C’est important d’accorder des moyens mais c’est encore plus important de tenir ses promesses », a déclaré le président mexicain, Felipe Calderon. Certains pays riches souhaitent « seulement que la crise se termine pour, au final, ne rien changer », a dit de son côté le dirigeant brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva.
Les vraies décisions sur le thème critique de l’environnement devront impérativement être prises dans des délais rapprochés et être entérinées par de nombreuses nations de la planète. A cette aune, malgré sa puissance économique et financière, le G8 n’est visiblement pas le forum adéquat.

11 juillet 2009 / Le Quotidien d’Oran - Editorial

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mardi, juillet 07, 2009

Mohammed VI, une décennie de règne

L’annonce, fin juillet 1999, du décès de Hassan II plonge le royaume du Maroc dans le deuil et l’inquiètude. Pour son successeur, son fils, Mohammed VI, la tâche s’annonce rude. 1999-2009, une décennie s’est écoulée. Mohammed VI a-t-il réussi comme il s’était engagé à le faire, à instaurer un véritable Etat de droit ? L’auteur livre, ici, aux lecteurs d’AGORAVOX l’introduction de cet ouvrage paru en juin 2009 aux Editions du Cygne.

Introduction
Mohammed VI dirige le royaume du Maroc depuis le 23 juillet 1999. Cela représente une décennie au faîte du pouvoir. Selon les points de vue, dix années de règne, c’est déjà beaucoup ou encore bien peu.
Dans un système politique où le chef de l’État est élu pour un mandat dont la durée est fixée par une loi fondamentale, cela correspond à un double quinquennat ; plus que quatre années et le double septennat sera atteint. George W. Bush a administré les Etats-Unis Unis pendant deux mandats successifs, demeurant ainsi huit années à la Maison-Blanche. William Clinton et Ronald Reagan sont également restés huit ans à la tête de la première puissance mondiale.
Les États-Unis ne constituent pas le seul exemple de démocratie occidentale où le chef de l’État, élu au suffrage universel, préside pendant de longues années aux destinées du pays.
Mohammed VI n’est pas un chef d’État comme les autres : c’est un roi. Son action et son rythme de réformes ne lui sont dictés ou imposés par aucun calendrier électoral. Il dirige à sa guise, selon son bon vouloir et à sa propre cadence.
Né en 1963, monté sur le trône à l’âge de trente-six ans, jeune roi, Mohammed VI a de belles années devant lui. Son règne n’en est qu’à son commencement ; sauf cas de force majeure, il devrait diriger le Maroc pendant encore de nombreuses années.
Élisabeth II détient la couronne britannique depuis 1952 et Juan Carlos Ierest roi d’Espagne depuis la mort de Franco, en 1975. Évaluées à l’aune des durées de règne de ces deux souverains, respectivement cinquante-sept et trente-quatre ans, les dix années de pouvoir de Mohammed VI paraissent bien courtes, presque insignifiantes. Toutefois, de par ses prérogatives, le monarque alaouite ne peut être comparé à ces deux souverains européens qui ne disposent que de rôles protocolaires et honorifiques. Bien qu’ils soient des chefs d’État, ni la reine d’Angleterre, ni le roi d’Espagne ne sont les dépositaires du pouvoir exécutif. Élisabeth II et Juan Carlos Ier règnent mais ne gouvernent pas. Leurs pouvoirs sont purement nominaux et leur autorité exclusivement symbolique. Dans ces deux royaumes, ce sont les Premiers ministres qui dirigent les affaires de la nation.
Le régime politique marocain est une monarchie constitutionnelle où le souverain régnant jouit d’un pouvoir absolu. En vertu de l’article 24 de la constitution, « le Roi nomme le Premier ministre et sur proposition [de ce dernier], il nomme [également] les autres membres du gouvernement [et] peut mettre fin à leurs fonctions. » « Le gouvernement est [d’abord] responsable devant le Roi », avant de l’être devant le Parlement (article 60) ; la justice est rendue et les jugements exécutés en son nom (article 83).
Un élément essentiel contribue à faire de Mohammed VI un monarque à part. Le souverain alaouite ne détient pas son titre de roi et ne jouit pas du pouvoir temporel uniquement à la faveur d’évènements historiques et politiques. Son autorité se fonde d’abord sur une légitimité religieuse qui fait de lui un monarque d’origine divine. En effet, selon les historiographes, les souverains alaouites sont des descendants du Prophète. Grâce à cette lignée, le roi du Maroc porte le titre d’Amir Al Mouminine, le Commandeur des croyants. Mohammed VI est ainsi à la fois le roi des Marocains et le chef de la communauté des musulmans. En tant que responsable suprême de la nation, il dispose du pouvoir temporel ; en tant que Commandeur des croyants, il détient également le pouvoir spirituel.
En dotant, en 1962, le Maroc de la première constitution de son histoire, Hassan II, (1961-1999), a veillé à conserver cette double nature de son rôle de souverain et à lui conférer une légitimité juridique. Depuis, le roi du Maroc porte constitutionnellement le titre d’Amir Al Mouminine et il est le « garant de la pérennité et de la continuité de l’État [et] veille au respect de l’islam et de la constitution » (article 19). Aussi bien, et dès lors qu’il est le descendant du Prophète, le fondateur de l’islam, la religion de l’État et que la constitution le considère comme le protecteur des préceptes énoncés et décrétés sacrés par son ancêtre, il n’est guère surprenant que la personne du Roi soit « inviolable et sacrée » (article 23).
En 2009, Mohammed VI demeure un monarque absolu. Dès lors, il nous a semblé, au moment où le Maroc s’apprête à célébrer, avec le faste habituel, les dix années de règne de son souverain, opportun, voire nécessaire, d’apporter un éclairage particulier sur cette première décennie de pouvoir de Mohammed VI.
Le décès de Hassan II et l’intronisation de son fils aîné ont soulevé de nombreuses interrogations.
La monarchie alaouite allait-elle survivre au défunt monarque ? Quel allait être l’avenir du Maroc sans Hassan II, un chef d’État mondialement connu, reconnu, respecté et qui a dirigé le pays pendant plus de trente-huit années ? Comment allait se dérouler la succession ? Le nouveau et jeune monarque, tenu éloigné du pouvoir par son défunt père, allait-il se montrer à la hauteur de l’immense tâche qui l’attendait ?
Comme dans pareil cas, les avis divergeaient. Certains n’hésitaient pas à pronostiquer que Mohammed VI serait le dernier roi du Maroc. D’autres, au contraire, prétendaient que le nouveau souverain engagerait immanquablement le pays sur la voie de l’établissement d’un véritable État de droit qui respecterait les libertés fondamentales, rompant avec les méthodes dictatoriales et sanglantes qui caractérisaient le régime de son père. Les plus optimistes tenaient pour acquise l’instauration prochaine d’une meilleure justice sociale. Ils affirmaient que Mohammed VI, surnommé « le roi des pauvres » par les médias, allait assurer une redistribution plus équitable des richesses. Enthousiastes, ils annonçaient la fin prochaine et certaine du règne de la corruption, du clientélisme et des enrichissements illicites.
Dès les premières heures de son règne, conscient des attentes, Mohammed VI multiplie les gestes forts, autant de signes de rupture avec les méthodes de son prédécesseur. Dans son premier discours du trône prononcé le 30 juillet 1999, il déclare : « Nous sommes extrêmement attachés à la monarchie constitutionnelle, au multipartisme, au libéralisme économique, à la politique de régionalisation et décentralisation, à l’édification de l’État de droit, à la sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés individuelles et collectives, et au maintien de la sécurité et la stabilité pour tous. »
Les paroles sont rapidement suivies par des actes. Des proches de Mohammed VI négocient avec Abraham Serfaty, en exil en France depuis 1991.
Le 30 septembre, deux mois après l’intronisation du nouveau roi, le célèbre opposant retourne s’installer au Maroc. Un mois plus tard, le 9 novembre, Driss Basri, homme lige de Hassan II, indéboulonnable « flic numéro un du royaume », est démis de ses fonctions de ministre de l’Intérieur et écarté du pouvoir. À la fin de ce même mois de novembre 1999, la famille de Mehdi Ben Barka revient pour la première fois au Maroc depuis l’enlèvement et la disparition de l’opposant politique à Paris, le 29 octobre 1965.
Au niveau économique et social, la politique de privatisations et de libéralisation, initiée dès le début des années 1990 par Hassan II est poursuivie et même accélérée.
Les capitaux obtenus grâce aux opérations de privatisation sont davantage consacrés à la relance de l’investissement public, défaillant au royaume depuis des décennies.
Dix ans plus tard, où en est le Maroc ?
Le pays jouit plus que jamais d’une excellente image à l’étranger. Le royaume joue de ses atouts pour attirer toujours plus de touristes et d’investisseurs étrangers qui affluent déjà en nombre, assurément sous le charme. En Europe, et en France plus particulièrement – passé commun oblige –, il est impossible de parler du Maroc sans tomber dans les clichés et les raccourcis faciles. L’évocation du royaume chérifien renvoie de façon systématique à certaines images : un taux d’ensoleillement exceptionnel, de belles plages, les cités impériales, Marrakech et sa place Jamaa El F’na, Fès et sa musique sacrée, la gastronomie, les souks, les maisons à patio, les treks dans le désert, les montagnes et les vallées de l’Atlas, etc. Forts de leurs dollars ou euros, de plus en plus de retraités occidentaux, attirés par la qualité de vie que leur offre le royaume, s’y installent. Pour eux, le Maroc est définitivement un pays de cocagne. Les entrepreneurs et les investisseurs étrangers sont, quant à eux, séduits par les bas salaires, les faibles coûts de production et la stabilité du régime.
Depuis qu’il est au pouvoir, Mohammed VI a endossé le rôle du jeune monarque démocrate, moderne, sportif, vivant avec son temps et n’hésitant pas à « bousculer » le protocole. Fait nouveau, les portraits de Lalla Selma, l’épouse du roi, s’affichent dans les magazines. Elle accompagne le souverain dans certains de ses déplacements officiels et a pris une place inexistante jusqu’à lors dans le protocole. Avant l’intronisation de Mohammed VI, l’épouse officielle du roi n’apparaissait pas en public. Le nouveau souverain est ainsi considéré comme un réformateur, qualificatif qui, de prime abord, ne semble pas usurpé. N’est-ce pas sur décision et instruction royales que la Moudawana, le code de la famille, a été modifiée pour accorder de nouveaux droits aux femmes et consacrer davantage d’égalité entre l’époux et l’épouse au sein du couple ?
En 1999, le changement de monarque a provoqué autant de doutes qu’il a suscité d’espoirs.
Dix ans après, le Maroc a-t-il entamé, sous l’impulsion de son nouveau roi, cette transition démocratique maintes fois annoncée, tant espérée mais jamais réalisée ? Le royaume a-t-il enfin réussi son décollage économique ? Les citoyens marocains vivent-ils désormais dans un État de droit où les libertés fondamentales sont enfin respectées ? Au début de ce troisième millénaire, quelle place occupe le Maroc dans le concert des nations et le « village mondial » ? Quel rôle y joue-t-il ? À ces questions et à bien d’autres, cet ouvrage tente d’apporter des réponses.

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Iran : une autre lecture

Sans écarter ni minimiser de telles critiques, il est important de garder à l’esprit que ces gens ne représentent pas la majorité de la jeunesse mais plutôt la majorité de la jeunesse d’une classe déterminée.
L’Iran n’est pas un système socialiste : il y existe de nettes différences de classes, ainsi que de forts recoupements entre richesse et pouvoir, entre pouvoir et position dans la hiérarchie cléricale, écrit Azmi Bishara.

L’Iran n’a pas simplement un système de gouvernement autoritaire, mais aussi totalitaire. Il est puissant, hautement centralisé, avec des systèmes sophistiqués de maîtrise et d’administration, et il met en pratique une idéologie qui prétend avoir réponse à tout et cherche à pénétrer tous les domaines de la vie. Au lieu de s’appuyer sur un parti politique et des organisations de jeunesse, il se repose sur des organisations de masse, tels que le Basij, qui allient sécurité et idéologie et même profite de vastes secteurs de la population. Ce système compte aussi sur un réseau étendu et bien organisé de mollahs, sur un organisme de sécurité politisé et sur la Garde révolutionnaire. Cependant, il diffère des autres systèmes totalitaires de deux manières distinctes.
différences avec les autres systèmes totalitaires
Tout d’abord, aucun autre système totalitaire n’a incorporé un tel niveau de compétition démocratique, codifiée constitutionnellement, dans l’ordre dominant et son idéologie. La compétition politique est systématisée sous la forme d’élections qui se tiennent régulièrement, et dans lesquelles les concurrents font le choix de programmes différents mais dans le cadre de règles du jeu acceptées, tout comme les partis politiques dans le système capitaliste. La différence entre les Démocrates et les Républicains aux Etats-Unis n’est pas plus grande que celle existant entre les réformistes et les conservateurs en Iran. Naturellement, ces tendances en Iran ne représentent pas vraiment des partis politiques, mais pas plus que les Républicains et les Démocrates, du moins pas au sens conventionnel européen. Elles ont davantage la nature de ligues électorales.
La seconde différence entre le totalitarisme iranien et celui des autres systèmes totalitaires réside dans le fait que l’idéologie officielle - qui imprègne les institutions de gouvernement, la sphère publique et les systèmes d’éducation comme des autres formations, en tant que premier structurant de l’identité et de la conduite morale et éthique -, cette idéologie officielle est une vraie religion acceptée par la grande majorité du peuple. Il ne s’agit pas d’un athéisme ou d’une religion laïque, tel qu’adopté officiellement dans les systèmes communistes ou fascistes, et auquel ne croyait qu’une clique d’apparatchiks dont la conviction s’est transformée rapidement en une sorte d’intérêts acquis et fut rarement transmise à leurs descendants. En Iran, la doctrine religieuse est l’idéologie d’Etat, la hiérarchie cléricale définit et ancre la hiérarchie de l’Etat, et les échelons inférieurs du clergé sont les intermédiaires entre le peuple et l’idéologie régnante.
Ce sont ces distinctions importantes qui donnent au système iranien un dynamisme et une vitalité qui n’existaient pas dans les systèmes communistes ou fascistes d’Europe, même si ce système iranien a surgi d’une société « orientale » technologiquement moins évoluée que les sociétés européennes, et s’est regroupé hors du contexte du modernisme et de la modernisation de l’Europe que les autres systèmes ont exploités.
Le parti régnant en Chine, même à son stade plus ouvert et plus souple, autorise bien moins de diversité politique qu’en Iran, tant sous la forme de rivalités politiques systématisées que de critiques éventuellement violentes à l’égard du régime, de son président et de son gouvernement. Dans l’ancienne Union soviétique aussi comme dans d’autres systèmes totalitaires, la tolérance de la diversité politique était inconnue.
Regardons l’Iran sous l’angle de son degré de compétition démocratique, de sa tolérance de la critique et de ses changements d’autorité dans la non violence et le respect des règles établies, on constate alors qu’il est beaucoup plus proche des démocraties pluralistes d’Occident que d’un régime dictatorial. Mais le fait qu’il impose une idéologie qui recouvre tout et qu’il tente de l’utiliser pour contrôler tous les aspects de la vie publique et personnelle le met radicalement à l’écart des sociétés occidentales où la vie personnelle des individus est réglementée via l’intrusion tant des mécanismes du marché dans le domaine individuel privé que des médias dans la vie familiale. Il existe également une idéologie imposée aux Etats-Unis, qu’on appelle souvent le « mode de vie américain », mais elle laisse une grande latitude à la sphère privée et aux libertés individuelles, notamment à la liberté religieuse, même si elle pèse fortement dans ce domaine grâce aux mécanismes de la consommation et aux médias qui parfois s’en prennent à la liberté individuelle.
Il n’est pas utile d’aborder ici la question des libertés individuelles ou démocratiques dans les régimes autoritaires arabes, des systèmes dynastiques et clientélistes incapables de produire un ordre, qu’il soit totalitaire ou démocratique ; sauf à noter tout de même cette jubilation malveillante que certains Arabes ont affiché en réaction aux évènements en Iran, alors qu’ils feraient mieux d’observer ce qui se passe dans leur propre pays ce qui, on aurait pu le penser, aurait dû leur paraître plus important.
La jeunesse d’une classe déterminée
Le soulèvement réformiste a surgi de la structure de l’establishment iranien comme des règles et principes reconnus de la République islamique. Les critiques adressées au régime par une grande partie de la jeunesse qui a rejoint les réformistes, spécialement la jeunesse de la classe moyenne qui est plus en contact avec le reste du monde, ces critiques nous rappellent les griefs exprimés par les jeunesses des pays d’Europe de l’Est qui estimaient que leur régime les privait de leurs libertés individuelles et personnelles, de la liberté de choisir leur mode de vie et de consommer à l’occidentale. Naturellement et comme d’habitude, certains de ces griefs sont sincères, d’autres ont été propagés par les médias occidentaux et certains proviennent d’un mécontentement général et d’une recherche d’une nouvelle signification à leurs modes d’expression politique.
Sans écarter ni minimiser de telles critiques, il est important de garder à l’esprit que ces gens ne représentent pas la majorité de la jeunesse mais plutôt la majorité de la jeunesse d’une classe déterminée. L’Iran n’est pas un système socialiste : il y existe de nettes différences de classes, ainsi que de forts recoupements entre richesse et pouvoir, entre pouvoir et position dans la hiérarchie cléricale, et entre richesse et position dans la hiérarchie cléricale (avec des cas de concentration du pouvoir, d’une position et de la richesse dans une et même personne). Différer les recoupements oeuvre à créer une diversité de tendances et d’états d’esprit politiques et intellectuels. La plus grande partie de la jeunesse des couches pauvres de la société soutient Ahmadinejad, tout comme les pauvres soutiennent Chavez au Venezuela. Rappelons-nous que voter Ahmadinejad en 2005 fut un vote de protestation - surtout de la part des jeunes - contre les conservateurs corrompus, pas seulement contre les réformistes. Rappelons-nous aussi, que certains réformistes sont des gens de principe qui luttent pour leur croyance, qu’ils aient participé à la révolution ou non, tandis que d’autres dans le camp réformiste associent la défense de leurs libertés à la défense de la corruption. (Le monde arabe regorge de gens qui combinent défense des privilèges économiques et défense des libertés civiles. Ils forment la classe des néo-libéraux qui se distingue pour n’être ni libérale ni démocratique).
L’état d’esprit de ceux qui estiment que leurs votes pèsent plus, qualitativement, que ceux quantitativement plus nombreux des pauvres, et qui croient en fait représenter la majorité parce qu’ils sont majoritaires dans leurs quartiers même s’ils sont minoritaires dans le pays, cet état d’esprit a un caractère arrogant, de classe. De toute évidence, cet état d’esprit ne reflète pas une attitude démocratique car, aussi sincèrement de gauche qu’il pourrait paraître, son altruisme disparaît sous un élitisme latent. Nous avons rencontré cet état d’esprit à diverses occasions.
Par leur sympathie en faveur d’une jeunesse engagée dans une politique de protestation, certains intellectuels (dont moi-même, au moins) sont devenus plus souples dans leur engagement envers la jeunesse. Il y a plusieurs années, dans une certaine capitale arabe, des dizaines de milliers de jeunes gens sont descendus dans la rue, scandant des slogans pour la démocratie et contre le sectarisme, au point que des gurus intellectuels les ont amenés à acclamer des dirigeants de milice, des chefs sectaires et des criminels de guerre comme si ceux-ci étaient des héros culturels, au prétexte qu’ils étaient « avec nous » et « contre eux ». Bientôt les gosses ont été emportés dans des débordements racistes contre d’autres sectes - alors que tous avaient un mouvement de recul devant leur propre façon de penser sectaire - et cela en dépit de leurs jeans, de leurs longs cheveux, de leurs serre-tête, et de tous ces attributs de progressistes à l’esprit ouvert qui ont attiré les journaux dirigés par des éditeurs vieux jeu, nostalgiques de leurs propres journées d’activisme d’étudiant. L’intellectuel doit conserver une distance critique quand il est appelé à exercer son devoir envers les jeunes, à les encourager vers des perspectives libératrices critiques et à ouvrir les yeux sur les préjugés, les mythes, les illusions et autres pièges réactionnaires.
Ahmadinejad : moins un représentant des conservateurs que leur opposant au sein de leur establishment
Si vous voulez critiquer le système électoral en Iran, vous devriez jeter un coup d’œil du côté du Conseil des gardiens et des nombreuses conditions auxquelles les candidats doivent répondre pour garantir leur engagement aux principes de la République islamique. Vous devriez aussi prendre en compte les amendements constitutionnels de 1989 qui ont supprimé le poste de Premier ministre et attribué ses pouvoirs au président, rien que pour transférer ensuite les pouvoirs présidentiels au guide suprême, lequel ainsi combine les pouvoirs temporels avec le spirituel et l’autorité judiciaire, une métamorphose du concept de gouvernement clérical. Aujourd’hui, cette question est sous la loupe des critiques, et elle mérite d’être critiquée. Mais là n’est pas l’origine des candidats. Tous les partis, les dirigeants et les forces politiques qui se sont engagés dans les élections ont accepté, ou prétendu accepter, les règles du jeu. Et il est ridicule de passer de la critique des règles du jeu à l’affirmation que les dernières élections auraient été truquées, contrairement aux neuf élections résidentielles précédentes.
Depuis les élections de 2005, le mouvement réformiste iranien s’est affaibli et fragmenté, il ne s’est pas renforcé. Les résultats qu’il a obtenus ont constitué une surprise pour ceux qui connaissent l’Iran. Comment a-t-il pu renaître de ses cendres avec tant de force après sa désintégration à l’époque de Khatami et la répression qui a suivi contre ce qu’il en restait, dans les universités et ailleurs ? Certes, les récentes élections l’ont mis en vedette, pas comme autrefois mais plutôt comme un allié d’un large spectre de conservateurs. Les espérances pour une tendance réformiste puissante ne se fondaient pas sur des sondages de l’opinion publique, elles avaient été créées par l’Occident et les médias non occidentaux opposés à Ahmadinejad, lequel avait irrité tant de plumes dans ses conférences internationales et les salons diplomatiques. La rhétorique populiste d’Ahmadinejad a été une aubaine pour les politiques occidentales racistes envers les Arabes, les musulmans et les Orientaux en général. Son certificat de disculpation accordé à l’Europe pour l’Holocauste fut catastrophique quel que soit le sens où on l’entend. Mais Ahmadinejad a aussi choqué l’Occident par un ensemble de principes justes qui remettent en cause l’héritage colonialiste et dont on parle rarement aujourd’hui, alors que tout le monde a été dressé aux axiomes de l’arrogance raciste occidentale.
Ahmadinejad est moins un représentant des conservateurs iraniens que leur opposant au sein même de leur propre institution. Il s’est rebellé contre eux, y compris contre le clergé corrompu, utilisant les principes de la Révolution islamique comme des armes. C’est un conservateur de la veine fondamentaliste et il veut redonner à la révolution toute la vigueur et le brillant de sa jeunesse. Il a probablement rappelé à Mousavi sa propre jeunesse. C’est pourquoi sa rhétorique populiste est plus puissante que celle des réformistes. Il rappelle Khomeini et son austérité personnelle sensibilise la masse importante de pauvres. Il distribue les revenus pétroliers entre les pauvres et il les aide compensant ainsi l’échec de sa politique économique, et sa probité personnelle compense elle aussi le fait qu’il n’arrive pas à combattre sérieusement la corruption. Sa politique étrangère a réussi à raviver la fierté nationale en faisant de l’Iran un acteur central dans l’arène internationale, alors que le poids international de l’Iran avait fait un plongeon quand Khatami (un authentique réformateur) était devenu plus conciliant avec l’Occident.
Il n’y avait aucun partisan d’un quelconque régime arabe ou mouvement fondamentaliste du monde arabe parmi les manifestants descendus dans la rue à Téhéran. Par conséquent, l’émotion qui a pu submerger certains de nos frères arabes a moins à voir avec l’idéologie politique qu’avec une sorte de jubilation malveillante.
Les alternatives envisageables pour l’Iran
Ces alternatives sont :
Une élite corrompue financièrement dominante incarnée par Rafsanjani, une élite plus pragmatique sur les questions internationales et qu’Ahmadinejad a combattue aux dernières élections.
Une alliance conservateurs/réformistes dans le cadre d’une institution dominante, où les conservateurs corrompus s’appuieraient sur des personnalités comme Mousavi et Khatami pour retrouver une popularité et affaiblir l’emprise du guide suprême.
Cette alliance serait plus pragmatique dans ses relations avec l’étranger, elle irait vers un dialogue avec la nouvelle administration US et s’engagerait dans un accord avec l’Occident en échange d’une reconnaissance internationale de la République islamique et de son rôle régional. (Incidemment, pour les besoins de l’alliance, les conservateurs pourraient concéder certaines des exigences réformistes, mais comme il est de règle dans les flots tumultueux des périodes de transition dans les ordres révolutionnaires, cette alternative s’avèrerait n’être qu’une phase éphémère après que les réformistes aient perdu, une fois encore, l’initiative).
La troisième alternative, je l’appellerais, pour user d’une métaphore, l’ « Occidentale ». C’est le renversement de l’ordre lui-même, sur le modèle de ce qui s’est passé en Europe de l’Est et pour lequel prie une grande partie de l’opposition illégale, à l’intérieur de l’Iran et à l’étranger. Aux jeunes hommes et jeunes femmes aisés de Téhéran nord, cette alternative a été présentée comme porteuse de droits civils libéraux, d’un mode de vie consumériste, de liberté dans la façon d’agir et de se vêtir, et d’autres idées encore qui attirent les jeunes, comme elles ont attiré les fils et les filles des apparatchiks de Russie et d’Europe de l’Est. La majorité des classes moyennes et supérieures a moins voté pour Mousavi que contre Ahmadinejad. Cependant, en Iran, avant cette troisième alternative, il faudra d’abord passer par la seconde. A la différence des régimes communistes, le régime en Iran ne s’effondrera pas d’un seul coup.
Le régime iranien survivra à la crise actuelle, en utilisant les instruments mentionnés précédemment. Cependant, il lui faudra aborder une importante question. Tirera-t-il les leçons de cette expérience, sortira-t-il les bannières de la réforme hors de la corruption, s’alliera-t-il avec la gauche réformiste contre la droite pseudo réformiste ? Ou s’appuiera-t-il uniquement sur la répression, donnant ainsi des raisons à l’ingérence occidentale ? Cette dernière option mène tout droit à un avenir, et peut-être à des troubles, plus intense et tragique. Azmi Bishara est issu d’une famille chrétienne palestinienne. Il devient membre de la Knesset en 1996, et est l’un des membres fondateurs du parti Balad. Il défend l’option d’un « État de tous les citoyens » et la laïcité par opposition au concept d’« État juif » et critique dans cette optique l’idéologie sioniste d’Israël.

* Azmi Bishara publie également des ouvrages en langues arabe, anglaise, allemande et hébraïque, sur les sujets de la démocratie et de la société civile, sur les droits des minorités nationales en Israël, sur l’islam et la démocratie et sur la question palestinienne, au sein de la société israélienne, dans les Territoires occupés et dans les autres États.

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dimanche, juillet 05, 2009

Solidarité avec la lutte des réfugiés au Maroc

Les citoyens et citoyennes africainEs, jeunes et moins jeunes, fuient la misère, le despotisme. C'est la ruée vers "l'eldorado" européen. La plupart sait que cet "eldorado" n'est que mirage, mais l'Europe reste pour les travailleurs un enfer moins "brûlant" que l'enfer national.

Les chefs d'Etat africains, les hauts fonctionnaires, les généraux, les campradors et autres seigneurs locaux se sont accaparés les richesses nationales. On est jamais mieux servi que par soi même!. La misère, la famine, l'analphabétisme...restent le lot des peuples africains.
Les réseaux mafiosistes à "mains longues" exploitent ce désir irrésistible de claquer la porte de "la patrie", pour se faire, sans scrupule aucun, du pognon.
Nos frères subsahariens traversent des milliers de km à pied. Les cadavres de beaucoup d'entre eux servent de repas pour les vautours et autres charognards du désert. Ceux et celles qui arrivent par miracle au Maroc, doivent graisser les pattes, payer des passeurs...les plus chanceux s'embarquent vers l'autre rive de la Méditerranée avec moins de 50% de chance d'y arriver, et une probabilité de plus de 50% de laisser leur vie au fond de la mer. Ne parlons pas du calvaire que vivent les miraculeux et les miraculeuses chez Sarkozy et ses semblables.
Le Maroc pays d'hospitalité ! mon oeil !
le peuple marocain comme tous les autres peuples sont certes hospitaliers, avec toute la relativité qu'exigent les sciences sociales.
Mais l'Etat marocain et l'hospitalité font deux. C'est comme deux droites parallèles.
Nos frères africains n'ont droit (comme leurs frères marocains) qu'à la bastonnade makhzanienne.

Cela fait maintenant plus de 4 ans que le Haut Commissariat aux Réfugiés a ouvert un nouveau bureau à Rabat, répondant avec empressement et dans la précipitation aux sollicitations des Etats européens, soucieux d´éloigner les demandeurs d´asile, provenant en particulier de l´Afrique subsaharienne, de leurs frontières.
Ayant dû lui-même attendre plusieurs années avant que le Maroc n´avalise officiellement sa présence au Maroc, le HCR n´avait aucune garantie préalable de la coopération du gouvernment marocain pour rendre le statut de réfugié qu´il allait délivrer opérationnel dans la vie quotidienne des réfugiés au Maroc.
En effet, malgré le fait que le Maroc soit signataire de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés de 1951, il refuse de valider la carte délivrée par le HCR et de reconnaître à ceux qui sont en sa possession les droits y afférants, notamment en matière de séjour, de travail, d´accès aux services publics, de liberté de circulation.
Après tant d´années d´attente dans la précarité la plus absolue et l´incertitude des lendemains, les réfugiés provenant d´un certain nombre de pays africains (Côte d´Ivoire, Congo, Rwanda, etc.) désespérant de voir reconnaître leurs droits et évoluer leur situation, ont organisé un sit-in permanent devant le siège du HCR afin d´obtenir leur réinstallation dans des pays respectueux du statut de réfugiés et des droits y afférents.
Dispersés par la force par différents corps de répression dans la nuit du 27 juin 2009, après une semaine de sit in continu, la seule promesse qu´ils ont finalement obtenue est celle de l´ouverture de négociations avec le responsable du bureau marocain du HCR, Mr Johannes Van der Klauw, à partir du 2 juillet prochain.
Nous, organisations membres du Réseau euro-africain sur les migrations, ayant soutenus les réfugiés et demandeurs d´asile tout au long de ces dernières années,
exprimons notre compréhension de leur désespoir
condamnons les violences dont ils ont été victimes de la part de forces de l´ordre
demandons que la HCR prenne toutes ses responsabilité s et assure sa mission qui est de protéger les réfugiés et de leur offrir la garantie d´une vie sûre et décente
déclarons notre entière solidarité avec leur mouvement et leurs revendications et les assurons de toute notre vigilance afin que leur soient reconnus l´ensemble de leurs droits.
réclamons l´octroi systématique à tous les réfugiés statutaires d´une complète liberté de circulation et d´installation et d´une protection à travers le monde.
Après la bastonnade musclée qu'ont subie les réfugiés le jeudi vers midi à l'issue d'une première session de négociations qui n'a pour l'instant abouti à aucun accord,- quatre personnes au moins ont été transportées aux urgences en début d'après-midi (dont la dame enceinte qui avait déjà été frappée vendredi dernier). Il semblerait que l'une d'entre elle soit dans un état critique.Deux d'entre elles, que j'ai vues, avaient des blessures à la tête et diverses contusions. Ceux-là ont pu regagner leur domicile;- il y a 6 Réfugiés qui ont été arrêtées, ils sont dans un commissariat du quartier Hassan.
PV réunion du Comité de suivi du Manifeste auro-africain sur les migrations.
Tenue à Rabat, le vendredi 3 juillet au local d'Attac.
Après un retour sur les évènements du 2 juillet, constat est fait
- du recours de plus en plus systématique aux forces de police pour intervenir dans le dossier réfugiés/ HCR
- de la violence des matraquages qui vont au-delà d'une simple opération visant à disperser des manifestants et de la fréquence des coups sur la tête lors de ces matraquages
- de l'intervention de la police dans le périmètre réservé de l'Ambassade des Etats-Unis ce qui pourrait constituer soit une violation de l'extra-territorialité de l'Ambassade soit une réponse à un appel de cette même Ambassade à faire évacuer ses abords. Dans les deux cas, on note que rien n'a été entrepris par cette Ambassade pour protéger les réfugiés des exactions policières
- 30 heures après les faits, au moins 3 personnes sont encore détenues.
Perspectives de travail
1- La première priorité nous semble de localiser les personnes détenues et d'en obtenir la libération. Il semblerait qu'elles se trouvent dans un commissariat situé non loin de l'ancien siège du HCR. Nous proposons donc qu'un groupe de personnes se retrouve à 15h30 devant l'école Camus (rue de Fès) pour constituer une délégation qui se rende dans le commissariat le plus proche. La présence de tous ceux qui le peuvent est souhaitée.
2- Proposition est faite de rédiger une lettre ouverte d'interpellation du Responsable du bureau du HCR à Rabat afin de lui rappeler que sa mission est de protéger les réfugiés et non de les faire matraquer, envoyer dans les commissariats ou à l'hôpital. Un premier projet vous sera envoyé dès que possible
3- Rester en contact avec le Rassemblement de tous les réfugiés au Maroc qui décidera des modalités de poursuite de leur mouvement et nous mobiliser pour accompagner leur mouvement

Afin d'appuyer leurs revendications et montrer qu'ils ne sont pas isolés
Ali Fkir (4 juillet 2009 / Envoi groupé n° 3875 PresseMaroc /
http://basta.20six.fr/basta/art/169087911/
La marine israélienne a kidnappé son équipage de 21 personnes, en provenance de 11 pays, notamment l’ancienne membre du congrès étasunien, Cynthia McKinney et Mairead MaGuire, prix Nobel. Elle a également confisqué les fournitures médicales, les oliviers, les matériaux de construction et les jouets d’enfants acheminés vers la côte méditerranéenne de Gaza. Le « Spirit of Humanity » est remorqué vers Israël en ce moment même.
On a décrit Gaza comme « le plus grand camp de concentration du monde ». Un million et demi de Palestiniens y ont été poussés par la force, au moyen des armes israéliennes fournies par les USA, après avoir été expulsés de leur maison, de leur ferme et de leur village pour qu’Israël puisse voler leurs terres pour le compte des colons israéliens.

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