jeudi, août 03, 2006

Raids aériens sur la région de Beyrouth


Israël a repris ses frappes aériennes jeudi sur la banlieue sud de Beyrouth après une pause et ses soldats continuent de se battre contre le Hezbollah au Liban sud, au moment où les cinq Grands ont progressé vers un accord pour un cessez-le-feu. Au 23e jour du conflit déclenché par la capture par le Hezbollah de deux soldats israéliens, l'État hébreu a intensifié ses opérations aériennes et terrestres avec l'objectif de neutraliser le parti libanais du Hezbollah, les pressions internationales se multipliant en vue d'un arrêt des hostilités. En Malaisie, l'Organisation de la conférence islamique, plus grand rassemblement de pays musulmans, a tenu une réunion d'urgence en présence d'une vingtaine de dirigeants dont l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad. Le secrétaire général, Ekmeleddin Ihsanoglu, a dit que le monde musulman était «outré» devant «la partialité» de la communauté internationale face à l'offensive israélienne.

Après plusieurs jours de répit, l'aviation israélienne a bombardé avant l'aube la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah dont des quartiers entiers ont été réduits en ruines après un pilonnage intensif au début de l'offensive lancée le 12 juillet.
Au Liban nord, l'aviation a visé des objectifs dans la région du Akkar, près de la frontière syrienne.
Déjà la veille, un commando israélien héliporté a mené un raid près de cette frontière, à Baalbeck (est), enlevant cinq membres présumés du Hezbollah et tuant 17 personnes dans l'opération la plus profonde en territoire libanais depuis le début du conflit.
Et dans le sud, les troupes israéliennes sont engagées dans des combats violents avec le Hezbollah pour le contrôle d'une zone frontalière d'où elles cherchent à chasser les combattants chiites qui continuent de tirer des roquettes sur le nord d'Israël. Près de 10.000 soldats sont en opération dans une quinzaine de villages, selon la radio de l'armée.
Leur objectif est d'instaurer une «zone de sécurité» de 6 à 8 km de large le long de la frontière, en pratique jusqu'aux abords du fleuve Litani, et de s'assurer que la zone sera vide de lanceurs de roquettes. Un soldat israélien a péri dans les combats la veille et 15 ont été blessés.
Les violents combats continuent et les unités israéliennes qui ont progressé d'environ 2 km, tentent de consolider leurs positions ou d'avancer sur quatre axes.
Des dizaines de raids aériens ont visé la plaine orientale de la Békaa et le Liban sud accompagnés de tirs de la marine et de l'artillerie. Israël rencontre une résistance farouche du Hezbollah pour le contrôle de plusieurs collines stratégiques, selon la police libanaise.
Alors qu'Israël affirme que les capacités de frappe du Hezbollah ont été fortement réduites, ce mouvement a tiré 19 roquettes sur le nord d'Israël, au lendemain du tir d'un nombre record de 231 projectiles tombés sur cette région dont pour la première fois en profondeur jusqu'à 60 km de la frontière. Au total, 19 civils ont péri dans le nord d'Israël, touché par plus de 2000 roquettes, ainsi que 37 militaires israéliens depuis le début du conflit.
De l'autre côté de la frontière, au Liban, au moins 835 personnes - civils et militaires - ont péri et plus de 3210 blessées, selon un bilan officiel. Israël veut accélérer ses opérations, les États-Unis, tout en refusant un cessez-le-feu immédiat, ayant commencé à montrer des signes d'impatience face à l'offensive de son allié, qui a dévasté le Liban et entraîné une grave crise humanitaire avec le déplacement du quart de la population.
Les dirigeants israéliens affirment qu'il leur faut encore plusieurs jours pour atteindre leur objectif, le ministre de la Justice Haïm Ramon évoquant les alentours du 12 août pour la fin de l'offensive. Mais le ministre de la Défense Amir Peretz a affirmé qu'Israël ne conduirait pas «son opération selon les pressions américaine et européenne (mais) conformément à (ses) objectifs». Et le premier ministre Ehud Olmert a dit que le conflit pourrait s'achever dès que le Conseil de sécurité de l'ONU autoriserait l'envoi d'une force internationale «solide» au Liban sud.
Il a souhaité qu'elle soit formée de 15 000 hommes. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont d'ailleurs progressé sur un accord de règlement après avoir aplani les divergences entre Paris et Washington. De nouvelles discussions sont prévues dans la journée. Selon des diplomates, la base des discussions est un projet de résolution présenté par la France, appelant «à la cessation immédiate des hostilités» et prévoyant de jeter les bases nécessaires à un accord-cadre politique en vue «d'un cessez-le-feu permanent et d'un règlement durable».

Une différence d'approche était apparue entre la France et les États-Unis, Paris conditionnant l'envoi d'une force internationale au Liban à un cessez-le-feu et un accord politique, contrairement à0 Washington qui veut une trêve «durable» qui neutralise la menace du Hezbollah. La Maison-Blanche a déclaré que les efforts diplomatiques avaient produit suffisamment de «réels progrès» pour espérer une résolution réclamant un cessez-le-feu dans les jours à venir. Par ailleurs, l'armée israélienne a affirmé dans son rapport d'enquête sur le bombardement dimanche à Cana au Liban sud ne pas avoir su qu'il y avait des civils dans le secteur touché et que par conséquent l'armée ne l'aurait pas visé.
Le raid, qui a entraîné de vives critiques internationales, a fait 28 morts selon un bilan de sources hospitalières revu à la baisse. Israël, qui veut aussi faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes sur le sud de son territoire et récupérer un soldat capturé par des groupes armés, continue son offensive à Gaza où sept Palestiniens dont un enfant ont été tués avant l'aube. Au moins 159 Palestiniens y ont péri depuis plus d'un mois.

Le jeudi 03 août 2006
Cyberpresse

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