dimanche, avril 15, 2007

La semaine Maroc


Les Marocains ont dû attendreplusieurs heures avant de voirles premières images desévénements de Hay Al Farah,à Casablanca.(AIC PRESS)
Dimanche 15 Avril 2007 / Telquel

Terrorisme. Le décalage des médias publics
Mardi 10 avril, il est 20 heures 45. Partout dans le pays, des millions de Marocains sont scotchés devant leur téléviseur pour comprendre “ce qui se passe à Casa”. Tous ont entendu parler de ces jeunes qui se sont fait exploser au beau milieu du quartier Hay Al Farah. Mais à part les quelques images des chaînes satellitaires arabes, il n’y avait pratiquement aucune information officielle à se mettre sous la dent. A l’ouverture du journal du soir, la déception est générale. La chaîne de Aïn Sebaâ emboîte le pas à sa sœur aînée et ouvre son JT sur deux sujets concernant des activités royales et le déplacement de
Mohammed VI à Chichaoua. Les télespectateurs ont donc dû attendre plus de six minutes avant de pouvoir visualiser les premières images, pourtant tournées plusieurs heures plus tôt, à Hay Al Farah. Même son de cloche du côté de la MAP. Jusqu’au-delà de 22 heures, l’agence de presse officielle n’avait toujours pas jugé bon de mettre une dépêche en ligne sur son site public. Coup de chapeau par contre aux radios privées qui n’hésitaient pas à interrompre leurs programmes pour relater les dernières informations recueillies sur le terrain par leurs différents reporters. à tel point que la dernière déflagration de 19 heures 10 a été diffusée en direct sur antenne, quand les reporters des stations Aswat et Atlantic transmettaient leurs correspondances depuis le lieu de l’explosion.

Rkia Abouali. Le feuilleton continue
L’affaire Rkia Abouali continue de faire des remous. Cette semaine, la jeune femme a reçu en prison la visite du procureur général de Fès accompagné d’un greffier… alors que c’est le parquet de Meknès qui instruit l’affaire. Rien n’a filtré du motif de cet entretien. Pendant ce temps-là, le calvaire de la famille Abouali se poursuit. Ses deux frères, incarcérés depuis plus d’une année pour une affaire d’extorsion de chèques, sont toujours en attente de jugement. Quant à sa mère et ses sœurs, elles auraient été victimes le week-end dernier d’une attaque perpétrée par quatre hommes cagoulés, venus chercher d’autres CD de Rkia impliquant, probablement, de nouveaux magistrats. À suivre.

Insolite. Le hrig par avion
L’information a été publiée par le site de l’AMPL (Association marocaine des pilotes de ligne) : le 24 mars, un message a semé la panique sur le tarmac de l’aéroport Mohammed V à Casablanca. Un avion appartenant à une compagnie européenne s’apprêtait à décoller, quand l’équipage s’est rendu compte qu’un homme se dirigeait à toute allure vers l’avion, avant de s’engouffrer dans le logement du train d’atterrissage. Il ne s’agissait pas d’un terroriste, mais d’un simple “apprenti-clandestin” marocain, qui rêvait d’accompagner l’avion en Italie. Il a fini par être arrêté par la police, intervenue quelques minutes plus tard.

11 mars. Le stress du héros
“J’ai perdu mon gagne-pain, ma maison, ma voiture, ma fiancée et ma tranquillité d’esprit”. La phrase est de Mohamed Faïz, le héros du 11 mars, qui a osé s’opposer aux kamikazes du cybercafé de Sidi Moumen, interviewé cette semaine par notre confrère Maroc Hebdo International. Faïz révèle, dans la même interview, que sa vie est désormais en danger, menacée par les sympathisants des kamikazes du 11 mars, que ses voisins le fuient désormais, qu’il ne sort plus qu’escorté par des amis sûrs, qu’il ne passe pas deux nuits d’affilée dans le même endroit, que le cybercafé qu’il gère a été déserté par les clients… Héros, c’est pas un métier de tout repos !

Meryem Marzak. Détective ou espionne ?
Vous souvenez-vous de Meryem Marzak, la première femme détective privée marocaine et arabe ? Après deux années d’exercice (elle a notamment travaillé sur des affaires d’adultère et d’escroquerie), notre Miss Marple nationale tire sa révérence. La dame a arrêté toute activité depuis plus d’une année et demie pour des “raisons personnelles”, dit-elle. Cette semaine, Meryem Marzak (re)fait parler d’elle lorsqu’elle confie à l’AFP “vouloir infiltrer un réseau islamiste et intégrer les services secrets marocains”. Drôle de manière de postuler pour un poste censé rester dans l’ombre. Meryem sourit et affirme simplement vouloir servir son pays et intégrer la police marocaine, qu’elle qualifie comme “l’une des meilleures dans le monde”. “Pour toute information complémentaire, contactez le journal qui transmettra”, sommes-nous tentés d’ajouter.

Houssaïni. Le Chimiste et Al Qaïda
Le juge d’instruction Abdelkader Chentouf, chargé des affaires de terrorisme, a démarré l’instruction du dossier de Saâd Houssaïni le 11 avril. Le dossier du chef présumé du GICM (Groupe islamique combattant marocain), actuellement incarcéré à la prison civile Zaki de Salé, est loin d’être clos. Le “Chimiste”, comme on l’appelle, serait le mentor d’une série de candidats au jihad en Irak et au Maroc. C’est aussi un personnage qui jouit de l’estime de la hiérarchie d’Al Qaïda. Selon des sources sécuritaires marocaines, un proche de Zawahiri aurait rencontré Houssaïni quelques jours à peine avant l’attentat du 11 mars de Casablanca.

Presse. Les remarques du CPJ
En visite au Maroc du 4 au 7 avril, une délégation du Comité de protection des journalistes (CPJ) s’est dite très préoccupée par “la tendance troublante” des poursuites judiciaires contre la presse indépendante. “Les tribunaux ont réussi à exiler de la profession, ou du pays, trois des journalistes les plus critiques du royaume (ndlr : Lmrabet, Jamaï, Ksikes)”, a expliqué Joël Campagna, qui conduisait la délégation. Le CPJ a été encore plus critique sur le projet du nouveau Code de la presse, actuellement en discussion au Parlement, lui reprochant, entre autres, la composition du futur Conseil national de la presse marocaine et ses prérogatives “exagérées”. Qu’en pense le législateur ?

3 questions àNajib Salmi [Président de l’association marocaine de la presse sportive (AMPS)]
Le week-end dernier, des scènes de violence ont eu lieu dans des stades de football, à Casablanca et Oujda. À quoi les imputez-vous ?Il ne faut pas s’en étonner. Le public, dont la moyenne d’âge ne dépasse pas 15 ans, est conditionné pour agir ainsi. Ça passe par les moyens de transport, l’accueil inacceptable dans les stades et le zèle des forces de l’ordre. Et puis, il y a une presse sportive qui jette de l’huile sur le feu, via ses commentaires (les expressions “guerre”, “ennemi”, “match de la mort”, sont monnaie courante), et des joueurs indisciplinés qui sont de mauvais exemples pour ces jeunes. Je crois que le pire est encore à venir.Le phénomène est-il réellement nouveau ?Dans le passé, la moyenne d’âge du public était plus élevée, les matchs se jouaient dans une ambiance quasi familiale sachant que les joueurs étaient très proches du public. Ils allaient ensemble au café, au hammam… Et puis les enjeux, même culturels, ne semblaient pas si importants. Les médias sportifs étaient rares, une faute d’arbitrage passait quasiment inaperçue…Que faut-il faire ?Il faut commencer par respecter le public. Comment ? En lui garantissant un transport et un accueildignes dans les stades. Les médias doivent aussi cesser de faire du sensationnel au détriment de l’information. Quant aux clubs, ils devraient être plus stricts avec leurs joueurs sur le plan de la discipline.
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