lundi, mai 18, 2009

Pakistan : répondre à la détresse de centaines de milliers d’enfants déplacés

© UNICEF/NYHQ2009-0507/Antonia Paradela / Une mère et son fils attendent d'être enregistrés au camp de Jalala. Ils fuient les combats du district de Swat. / 18 mai 2009 / Unicef
Près d’un million de personnes en fuite dans la Province de la Frontière du Nord-Ouest, au Pakistan, au cause des combats entre le gouvernement et les forces d’opposition : Luc Chauvin, Représentant adjoint de l’Unicef au Pakistan, présente les secours qui sont apportés aux personnes déplacées, qui continuent à arriver chaque jour dans les camps.

Quelle est la situation des personnes déplacées dans la Province de la Frontière du Nord-Ouest, au Pakistan ?
Entre le 5 et le 15 mai, il y avait 834 000 personnes en fuite venues des districts de Swat, Buner et Lower Dir, dans la Province de la Frontière du Nord-Ouest, sachant que 555 000 étaient déjà arrivées entre août et mai. L’opération militaire est en cours, et les gens sont empêchés de se déplacer. Mais chaque fois que l’armée lève le couvre-feu, les gens se sauvent. Un quart rejoignent les camps, le reste cherche refuge dans des communautés d’accueil, la famille ou des amis. Il y a 12 nouveaux camps, en plus des 11 déjà existants. 40% des déplacés sont des enfants. L’été avance et les températures peuvent attendre 40 ou 45° : c’est très chaud, les conditions de vie sont très inconfortables. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) commence à adapter les tentes, en ajoutant un deuxième couche pour les rendre plus fraîches.
En quoi consiste l’assistance apportée par l’Unicef dans les camps ?
L’Unicef apporte de l’eau potable et des moyens d’assainissement à 33 000 personnes, parmi les nouveaux déplacés, et à 80 000 dans les camps déjà existants. Sont distribués par la même occasion des seaux et des kits sanitaires pour les familles. Mais sans une aide supplémentaire, nous ne pourrons pas répondre à l’ampleur des besoins. Sur le plan de la santé, l’Unicef soutient une campagne de vaccination contre le rougeole, qui cible 9 400 enfants âgés de 9 mois à 13 ans dans les camps et au niveau des communautés d’accueil, et prépare une campagne contre la polio pour 15 000 enfants des nouveaux camps. Sur le plan de l’éducation, nous avons monté des tentes scolaires dans 4 nouveaux camps, capables d’accueillir 1 733 enfants, et nous avons inscrit 4 400 enfants dans des communautés d’accueil. Enfin, l’Unicef a constitué des espaces protégés destinés à 2 400 enfants dans trois des nouveaux camps. Neuf nouveaux espaces sont en préparation : ils accueilleront 1 800 enfants dans cinq autres camps. L’Unicef va débuter des activités de soutien psychosocial pour les enfants traumatisés par la situation de violence à laquelle ils sont ou ont été exposés. L’Unicef veille aussi à identifier et à soutenir les orphelins et les familles dirigées par des femmes. Que réclame l’Unicef à ce stade de la crise ?
Nous avons besoin de fonds en urgence. Nous n’avions déjà pas suffisamment de ressources avant que cette crise n’éclate. Maintenant qu’il y a de nouvelles personnes déplacées, nous ne parvenons pas à faire face en terme de financement. De plus, en ce moment, les conditions d’insécurité ne nous permettent pas d’accéder aux zones en conflit, mais la situation là-bas doit être dramatique. On ne peut pas dire à l’heure actuelle quand nous pourrons nous y rendre, mais il faudra être prêt à apporter des secours, des services sociaux, des moyens de santé, des programmes d’éducation, en plus des efforts de réparation et de reconstruction.
Combien de temps peut durer cette situation d’urgence ?
Les personnes déplacées resteront tant que l’opération militaire continuera. Quelques unes rentreront s’il y a accalmie, mais le retour ne sera pas massif dans l’avenir proche. Il est probable que les gens resteront jusqu'à la fin de l’année.

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