dimanche, juillet 23, 2006

La brutalité insensée de l’Etat d’Israël


Les mots ne le peuvent ; les termes ordinaires sont insuffisants pour décrire les horreurs perpétrées quotidiennement par Israël contre les Palestiniens.

La tragédie de Gaza a été racontée cent fois et plus, comme les tragédies de 1948, de Qibya, de Sabra et de Shatila, de Jénine, 60 ans d’atrocités commises au nom du Judaïsme. Mais, les cris face à l’horreur tombent généralement dans l’oreille de sourds la plupart du temps en Israël, dans l’arène politique US, dans les médias US dominants. Ceux qui sont horrifiés - et ils sont nombreux - ne parviennent pas à traverser ce bouclier d’impassibilité qui permet à l’élite de la politique et de la presse en Israël, plus encore aux Etats-Unis et de plus en plus maintenant au Canada et en Europe, de ne pas voir et de ne pas s’inquiéter.
Mais il faut que cela soit dit maintenant, avec force : ceux qui conçoivent et appliquent la politique israélienne ont fait d’Israël un monstre. Le temps est venu pour nous tous - tous les Israéliens, tous les Juifs qui laissent Israël parler en leur nom, tous les Américains qui ne font rien pour arrêter le soutien US à Israël et à sa politique assassine - le temps est venu de reconnaître que nous nous souillons, moralement, en restant sans bouger pendant qu’Israël commet ses atrocités contre les Palestiniens.
Une nation qui revendique la suprématie d’une ethnie et d’une religion sur toutes les autres deviendra finalement psychologiquement inopérante. Obsédée par l’admiration qu’elle a d’elle-même, par sa propre image, elle va s’efforcer de conserver sa supériorité raciale à tous prix et en arrivera inévitablement à considérer toute résistance à cette supériorité imaginée comme une menace existentielle. En effet, tout autre peuple devient automatiquement une menace existentielle simplement du fait de sa propre existence. Pendant qu’il cherche à se protéger lui-même contre les menaces fantômes, l’Etat raciste devient de plus en plus paranoïaque et sa société renfermée et étriquée, limitée intellectuellement. Les revers le mettent en rage, les humiliations le rendent fou. L’Etat devient violent dans un effort dément, perdant toute mesure, pour se rassurer lui-même sur sa force.
Le modèle a vécu en Allemagne nazie cherchant à maintenir une supériorité mythique aryenne. Il se déroule actuellement en Israël. « Cette société ne reconnaît plus aucune frontière, géographique ou morale » écrit l’intellectuel israélien et activiste antisioniste Michel Warschawski dans son livre A tombeau ouvert : la crise de la société israélienne (2003). Israël ne connaît plus aucune limite ; il s’enfonce dans la violence quand il constate que sa tentative de faire plier par la manière forte les Palestiniens, et une Palestine ténue, est contrariée par ce peuple déterminé, empreint de dignité, qui refuse simplement de se soumettre et d’abandonner la résistance à l’arrogance d’Israël.
Nous, aux Etats-Unis, nous nous sommes accoutumés à la tragédie infligée par Israël et nous nous laissons aller facilement à faire la pirouette qui, automatiquement, par quelque tour de l’imagination, transforme les atrocités israéliennes en situations où il est la victime.
Mais un commandement militaire qui laisse tomber une bombe de 500 livres sur un immeuble habité, au milieu de la nuit, tuant 14 civils dans leur sommeil comme c’est arrivé à Gaza il y a 4 ans, ne sont pas des militaires qui obéissent à des règles civilisées.
Un commandement militaire qui laisse tomber une bombe de 500 livres sur une maison, au milieu de la nuit, et tue un homme et son épouse et sept de leurs enfants comme c’est arrivé à Gaza il y a 4 jours, ne sont pas des militaires d’un pays moral.
Une société qui peut écarter comme sans intérêt le meurtre cruel d’une fillette de 13 ans par un officier de son armée, au prétexte qu’elle avait menacé les soldats à un poste militaire (l’un des 700 enfants palestiniens tués par les Israéliens depuis le début de l’Intifada) n’est pas une société dotée d’une conscience.
Un gouvernement qui emprisonne une jeune fille de 15 ans (l’un des quelques centaines d’enfants dans les geôles israéliennes) pour le crime d’avoir repoussé un soldat mâle qui essayait de la fouiller au corps, et de s’être enfuie dans une mosquée, n’est pas un gouvernement doté de moralité. (Cette histoire, pas de celles qu’on publie aux USA, fut rapportée dans le Sunday Times de Londres. Ils ont tiré trois fois sur la jeune fille alors qu’elle s’enfuyait ; elle fut condamnée à 18 mois de prison qu’elle a exécutés à la sortie de son coma.)
De plus en plus, ceux qui critiquent Israël notent qu’Israël est devenur autodestructeur, proche d’une catastrophe qu’il provoquera de sa propre main. Le journaliste israélien, Gidéon Lévy, parle d’une société en cours d’« effondrement moral ».
Michel Warschawski évoque une « folie israélienne », une « brutalité insensée », la « décomposition » d’une société civilisée qui poussent Israël dans une course suicidaire. Il prévoit la fin de l’entreprise sioniste ; Israël est une « bande de truands » dit-il, un Etat « qui se moque de la légalité et de la moralité civile. Un Etat gouverné au mépris de la justice perd la force de survivre. »
Comme le note Warschawski amèrement, Israël ne connaît plus aucune frontière morale - s’il en a eu jamais. Ceux qui continuent à soutenir Israël, qui lui trouvent des excuses pendant qu’il plonge dans la corruption ont perdu tout sens moral.

Kathleen Christison a été analyste politique à la CIA et a travaillé sur les questions du Moyen-Orient pendant 30 ans. Elle est l’auteur de Perceptions of Palestine and The Wound of Dispossession. Elle peut être jointe à : kathy.bill@christison-santafe.com
Traduction : JPP
http://www.counterpunch.org/christison07172006.html

Bellaciao

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