samedi, juillet 22, 2006

L'armée israélienne prend pied au Liban, Bush opposé à un cessez-le-feu


L'armée israélienne, décidée à en finir avec le Hezbollah, a pris position en territoire libanais, mais la communauté internationale restait divisée samedi sur l'urgence de prévenir une escalade dangereuse du conflit.
Les Etats-Unis, qui ont en ligne de mire la Syrie et l'Iran, les deux soutiens de la formation chiite, s'opposent à un cessez-le-feu qui ne serait pas accompagné du désarmement du Hezbollah. Par contre, la Russie exige une trêve, et l'Union européenne est partagée: la Grande-Bretagne et l'Allemagne sont contre, alors que la France la réclame.
Face à la dégradation de la situation, les évacuations d'étrangers vers Chypre se poursuivaient samedi, après une journée de pillonage de l'aviation israélienne qui a visé 150 objectifs notamment dans le fief du parti chiite à Baalbeck, dans l'est du Liban.
L'armée israélienne conduit depuis plusieurs jours des incursions en territoires libanais, et elle a déployé des soldats dans deux villages proches de la frontière, reprenant pied au Liban pour la première fois depuis son retrait de mai 2000. Cette poussée en territoire libanais fait craindre à la population locale une réédition des expéditions militaires israéliennes de 1978 et de 1982, qui s'étaient accompagnées de violences et de destructions et avaient conduit à une occupation de plus de 20 ans.
"Ils reviennent," a lancé Youssef Ismaël. Cet enseignant, au volant de sa voiture où il a entassé sa famille et ses effets les plus précieux, a fui son village proche de la frontière pour Tyr (83 km au sud à Beyrouth), la ville côtière prise d'assaut par des dizaines de milliers de déplacés.
Selon le porte-parole de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban, Milos Strugar, des soldats israéliens ont pris position depuis trois jours dans deux villages, Marouahine, dans le secteur occidental de la zone frontalière, et Maroun al-Aras, dans le secteur central. Cette présence a été confirmée par l'armée israélienne qui a procédé au rappel de milliers de réservistes, laissant présager une action terrestre de grande ampleur pour détruire les positions militaires du Hezbollah, d'où sont tirées des roquettes sur Israël.
L'armée israélienne a affirmé être en possession des corps de 13 combattants du Hezbollah tués dans l'accrochage de jeudi. Elle a ajouté avoir tué "environ une centaine" de combattants depuis le début de l'offensive, le 12 juillet, contre le Hezbollah qui n'a reconnu que 11 morts dans ses rangs. Israël qui exige la libération de deux soldats capturés le 12 juillet par le Hezbollah, ainsi que le désarmement de ce mouvement, peut compter sur le soutien indéfectible de Washington.
Le président américain George W. Bush a estimé que la Syrie et l'Iran "menacent le Moyen Orient". Les actions de ces deux pays, avec qui Washington refuse d'avoir des contacts directs, "gênent à résoudre la crise actuelle et à apporter une paix durable dans cette région troublée".
Dans le même temps, le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan a mis en garde contre une invasion israélienne du Liban, qui constituerait une "escalade" dangeureuse et a plaidé en faveur d'une force internationale de sécurité à la frontière. Selon lui, la Syrie et l'Iran devaient être inclus dans la recherche d'une solution: "que nous les apprécions ou non, nous devons impliquer ces deux gouvernements".
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice qui a de nouveau rejeté l'idée d'un cessez-le-feu immédiat se rendra lundi à Jérusalem pour rencontrer le Premier ministre israélien Ehud Olmert, et le président palestinien Mahmoud Abbas. Elle participera mercredi à Rome à une réunion du "groupe de contact" sur le Liban, qui devrait notamment regrouper les Etats-Unis, le Liban, Israël, la France, la Russie, la Grande-Bretagne, l'Egypte, l'Arabie saoudite et l'UE, la Banque mondiale et l'ONU.
Pendant ce temps, la situation du demi-million de déplacés libanais devient de plus en plus critique, notamment dans le sud du pays. En mission à Beyrouth vendredi, le ministre français des Affaires Etrangères, Philippe Douste-Blazy a mis en garde contre "une catastrophe" humanitaire. Vendredi soir, deux civils, dont une fillette de 11 ans, ont été tués dans des raids nocturnes au Liban sud, portant le nombre de tués au Liban depuis le début du conflit à 341, en majorité des civils. Près de 1.000 personnes ont été blessées.
De nouvelles salves de roquettes lancées par le Hezbollah se sont abattues sur le nord d'Israël, dont Haïfa, troisième ville du pays, où 19 civils ont été blessés. Trente-trois personnes ont péri en Israël depuis le début des hostilités. Environ 1.500 personnes évacuées par la France du Liban sont arrivés samedi matin au port de Larnaca (Chypre) et des navires de guerre américains supplémentaires sont arrivés en Méditerranée, pour accroître à 4.000 personnes par jour la capacité des Etats-Unis à évacuer ses ressortissants du Liban.
22 Juillet 2006 10h58
Radio France 2006

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