lundi, juillet 24, 2006

L'évacuation du Liban par milliers continue

LE SUD RESTE PROBLÉMATIQUE

Le Liban a continué lundi à se vider de ses étrangers et binationaux fuyant la guerre par dizaines de milliers mais l'évacuation reste problématique dans le sud en raison des bombardements.

De nombreux pays tentent de faire transiter le plus possible de ressortissants en évitant Chypre, passablement débordé et où les réfugiés se plaignent de conditions d'attente difficiles sous une chaleur de plomb. La Suède, l'Australie mais aussi la Russie ont exprimé des craintes pour plusieurs centaines de leurs ressortissants bloqués au Liban sud où il est extrêmement risqué de prendre la route en raison des combats.
La situation est également délicate pour les très nombreux travailleurs immigrés sri-lankais, quelque 80 000 personnes travaillant essentiellement comme domestiques, chauffeurs routiers, nourrices.
Le Sri Lanka a demandé de nouveau de l'aide lundi pour localiser et évacuer une partie d'entre eux, désargentés voire privés de passeport par leur employeur. L'évacuation du Liban sud où seraient encore plus de cent citoyens russes et de la CEI, est celle qui donne le plus d'inquiétudes. «Ils gagnent Beyrouth, chacun par ses propres moyens, puis s'adressent à l'ambassade (de Russie) et nous préparons un nouveau convoi (de cars) vers la Syrie» pour les faire rentrer, a expliqué le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov.
«Nous sommes en train de discuter avec Israël afin d'obtenir un couloir de sécurité entre Beyrouth et la Syrie et organiser un ou deux autres vols ces prochains jours», a-t-il ajouté. L'Australie, qui comptait boucler ses évacuations dimanche, à l'image de la Grande-Bretagne, voudrait maintenant pouvoir encore envoyer un bateau à Tyr, le port du sud du Liban le plus proche d'Israël, afin de récupérer un nombre non précisé de ses ressortissants. Des négociations sont en cours avec Israël.
Quant à la Suède, ses diplomates maintiennent le contact avec environ 200 Suédois dont la situation au Liban sud est qualifiée d'«inquiétante», mais «il n'y a pas de plan particulier pour les extraire». Lundi, un nombre non précisé de Suédois se sont mis en route au péril de leur vie pour gagner Beyrouth.
Le Canada a affrété un navire pour évacuer un millier de ses ressortissants. Ce bateau doit arriver mercredi matin à Tyr pour cette mission qualifiée de «très dangereuse». Selon la présidence finlandaise de l'UE, il existe «des poches» où des Européens sont encore bloqués au Liban sud, notamment à Blida. Le gouvernement chypriote estime avoir reçu 35 000 réfugiés, débarqués de 55 bateaux et dont seulement 23 000 ont déjà pu reprendre l'avion. «Jusqu'à maintenant, la situation est sous contrôle mais nous avons atteint notre limite», a prévenu le ministre chypriote des Communications, Haris Thrassou.
L'Union européenne a calculé que quelque 23 500 personnes, dont 12 500 citoyens de l'UE, avaient été évacuées du Liban vers Chypre entre le 17 et le 21 juillet. Autant que possible, les évacuations se font donc aussi par la Syrie et la Turquie.
L'Espagne a organisé lundi l'évacuation de quelque 70 personnes, en majorité des étrangers, qui sont montés dans deux cars à destination de Damas.
Le Maroc a réussi à coordonner l'évacuation via Damas d'un groupe de 94 personnes, dont 21 Marocains, qui sont arrivés dans la nuit de dimanche à lundi. La France prévoit une nouvelle évacuation de 2500 personnes dans la nuit de mardi à mercredi à bord du Mistral, qui devrait appareiller vers le port de Mersin dans le sud de la Turquie.
«Une antenne consulaire d'urgence pour les rapatriements par le Mistral va être constituée en Turquie», a précisé le ministère français des Affaires étrangères.

Cyberpresse

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