dimanche, juillet 16, 2006

Huit Canadiens tués dans un raid israélien dans le sud du Liban

BEYROUTH (AP) -- Huit ressortissants canadiens ont été tués dimanche dans un raid aérien israélien sur une localité libanaise à la frontière avec Israël, a annoncé le chef de la diplomatie canadienne.
Le ministre des Affaires étrangères Peter MacKay a précisé qu'outre ces huit personnes décédées, six autres Canadiens se trouvaient dans un état jugé critique. Selon des responsables des services de sécurité libanais s'exprimant sous couvert de l'anonymat, plusieurs membres d'une même famille sont morts dimanche dans un raid israélien qui a frappé leur maison à Aitaroun, à la frontière avec l'Etat hébreu. Les victimes n'ont pas été identifiées. Selon des chaînes de télévision, la famille était venue du Canada passer ses vacances d'été à Aitaroun. Peter MacKay, cité par la Presse Canadienne, a précisé que le gouvernement élaborait des plans pour évacuer ses ressortissants par la voie maritime. AP

Nouvel Observateur

Israël déclenche une guerre totale
Proche-Orient . Avec le soutien de George Bush, le gouvernement israélien a entrepris la destruction du Liban. Blocus total. Le Hezbollah continue de pilonner le nord d’Israël.
L’histoire bégaie au Proche-Orient. À nouveau, la région est plongée dans la guerre.

Et à nouveau, c’est Israël qui a déclenché cette guerre. À nouveau, les Palestiniens et les Libanais en sont les premières victimes. Comme en 1982, au moment de l’invasion israélienne du Liban, destinée à chasser du Liban du Sud et de Beyrouth l’OLP de Yasser Arafat, Israël s’en prend à son voisin du nord avec toute sa force de frappe, la plus importante de la région. Et à nouveau, ce sont les civils les principales victimes, Palestiniens - ils sont 200 000 dans les camps de réfugiés du Liban du Sud, le premier visé - et libanais. Déjà, plus de 70 ont péri. Il y a des centaines de blessés et toutes les infrastructures vitales sont détruites ou gravement endommagée : routes, eau, électricité, dépôts de carburants... Les Libanais sont pris au piège, assiégés, et le Liban est totalement isolé du monde, en danger de mort.
exode
sous les bombes

Il n’aura pas fallu vingt-quatre heures à l’armée israélienne pour détruire les pistes de tous les aéroports, civils et militaires (y compris celles du nouvel aéroport de Beyrouth, tout juste inauguré), couper les routes et les ponts, établir un blocus maritime total, isoler le Liban du monde. La dernière route terrestre encore ouverte après la première journée d’offensive israélienne, celle de Damas, a été coupée hier matin par des bombardements. Les milliers de civils qui tentaient de fuir Beyrouth et sa région en sont réduits à rebrousser chemin ou à tenter de se frayer un passage à travers les montagnes. Les images horribles d’exode sous les bombes reviennent, comme un cauchemar récurrent.
La différence, cette fois, c’est que la population du nord d’Israël est touchée aussi. Le Hezbollah a continué hier les tirs de roquettes et de missiles sur le nord d’Israël, touchant plusieurs localités et le port de Haïfa. Six civils israéliens ont été tués et la population, jusqu’ici terrée dans les abris, a commencé à fuir vers le sud.
Officiellement, le but de cette offensive qu’Israël refuse encore d’appeler une guerre est d’obliger le Hezbollah, le « parti de Dieu », à restituer deux soldats israéliens enlevés mercredi à la frontière israélo-libanaise. « Si on coupe les routes, affirme le porte-parole de l’armée israélienne, c’est pour empêcher le Hezbollah d’exfiltrer ses prisonniers hors du Liban. » En fait, certains dirigeants israéliens, y compris travaillistes, avouent que le but réel est d’« en finir avec le Hezbollah ». Dany Yatom, ancien chef du Mossad devenu député travailliste, met en garde le Hezbollah contre toute poursuite des lancers de roquettes : « S’il veut bombarder nos villes, nous allons l’aplatir d’une manière dont il n’a pas idée. Qu’il n’oublie jamais que nous avons la suprématie aérienne et savons nous en servir. »
Shimon Peres, vice-premier ministre, paraphrasant Bush, parle de « l’axe du mal Hamas, Hezbollah, Damas, Téhéran », qu’il accuse de vouloir « détruire Israël » et justifie l’opération militaire comme une « contribution à la lutte mondiale contre le terrorisme ». Le ministre de la Défense, Amir Peretz, lui aussi travailliste et qu’on espérait modéré et pacifiste avant son élection, promet de nouvelles escalades militaires, prévient que l’offensive va durer « plusieurs semaines », rappelle 6 000 réservistes et masse des troupes qui font craindre une nouvelle invasion massive du Liban.
Pour nombre d’observateurs, dont le sénateur socialiste belge Pierre Galand, président de la Coordination européenne des comités de soutien à la Palestine, « cette escalade de la part d’Israël s’explique très largement par le silence de la communauté internationale face à l’opération menée depuis quinze jours contre Gaza. Ehud Olmert, dont il ne faut pas oublier qu’il a toujours été un faucon, s’est senti autorisé à continuer et à aller plus loin. L’acte posé par le Hezbollah en capturant deux soldats israéliens dans une zone frontalière contestée, qui visait à soulager un peu Gaza en faisant une diversion au nord, est seulement un prétexte. Le véritable but visé par Israël, c’est la Syrie. Et il a pour cela l’approbation de George Bush. C’est extrêmement grave car cela peut entraîner l’embrasement de toute la région ».
arrêt des combats
demandé
Effectivement, l’attitude de George Bush est pour le moins surprenante : il est le seul dirigeant du monde à approuver totalement l’attitude d’Israël en estimant que l’offensive contre le Liban fait partie de son « droit à se défendre ». Et, comme d’habitude, le représentant américain à l’ONU a mis son veto à une résolution condamnant cette attitude. Les autres dirigeants du G8 - en premier lieu Vladimir Poutine - ont demandé l’arrêt immédiat des combats. L’Union européenne a jugé « disproportionnée » la riposte d’Israël et envoie Javier Solana dans la région pour tenter de négocier un cessez-le-feu et la libération des soldats israéliens captifs. L’ONU, bien que paralysée par le veto américain, envoie elle aussi un émissaire. Reste à connaître ce que fera samedi la Ligue arabe, la plus concernée mais curieusement la dernière à réagir, pour éviter un embrasement régional aux conséquences incalculables pour la paix du monde, mais qui a déjà coûté trop de vies humaines.

Françoise Germain-Robin
Humanite.presse.fr

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