mercredi, juillet 26, 2006

Huit soldats israéliens tués au Liban sud


Les combats entre unités blindées israéliennes et combattants du Hezbollah se sont poursuivis mercredi dans les collines rocailleuses du Sud-Liban, faisant au moins huit morts parmi les soldats israéliens. Dans cette zone, où sont nichées deux places fortes du mouvement chiite, l’offensive pourrait durer encore pendant plusieurs semaines, prévient l’armée.

Bint Jbeil, la « capitale » du Hezbollah au Sud-Liban, est toujours le théâtre d’intenses combats mercredi. Depuis plusieurs jours, l’armée israélienne tente de s’emparer de ce point sensible, où elle rencontre une vive résistance de la part des combattants du mouvement chiite. L’armée israélienne annonce mercredi soir la mort de huit soldats israéliens, alors que la chaîne qatarie al-Jezira en compte treize. Al-Arabiya dénombre pour sa part douze morts. Dans l’après-midi, l’armée israélienne avait fait état de vingt-deux blessés, dont trois grièvement, dans ses rangs.
Nouveaux combats à Maroun al-Ras
Des affrontements ont également fait rage plus à l’est dans le secteur de Maroun al-Ras, faisant des blessés supplémentaires dans les rangs israéliens. L’armée refuse toutefois d’en communiquer le nombre. Dans le cadre de son offensive tous azimuts, l’aviation israélienne continuerait des raids à proximité de postes de l’Onu dans la région, ce, malgré les mises en garde de responsables des Nations unies.
Autrement dit, il est toujours aussi complexe de connaître les bilans exacts de part et d’autre, tant les deux camps se plaisent à masquer leurs pertes. Jusqu’à aujourd’hui, l’opération en cours, lancée le 12 juillet après la capture de deux militaires israéliens par le Hezbollah, a coûté la vie à 24 soldats israéliens. Si ces nouvelles pertes se confirment, le tribut militaire israélien tournerait autour des 35 morts. Côté Hezbollah, l’armée israélienne affirme avoir éliminé plusieurs centaines d’hommes par l’armée israélienne. Des chiffres infirmés par la formation chiite qui ne reconnaît avoir perdu que 20 combattants.
Bint Jbeil, « une affaire de quelques heures »
Depuis trois jours, la confusion la plus totale règne à Bint Jbeil, où les déclarations contradictoires se succèdent quant à sa prise de contrôle par l’armée. Mercredi, l’état-major israélien a reconnu que des affrontements se poursuivaient dans ce secteur, après s’être félicité la veille que le village était tombé à leurs mains. Le lieutenant-colonel israélien Yitzhak Ronen, commandant des opérations dans ce secteur, a reconnu qu’il n’était « pas encore nettoyé » et a reconnu « une certaine résistance » de la part du Hezbollah. Il a toutefois assuré que « la fin des combats à Bint Jbeil était une affaire de quelques heures seulement ».
A l’issue d’une réunion avec le premier ministre israélien, le président de la commission parlementaire des Affaires étrangères, Tsahi Hanegbi, a confirmé qu’Israël poursuivait ses objectifs au Sud-Liban : « Nous voulons éloigner le Hezbollah de notre frontière, obtenir le déploiement de l’armée libanaise jusqu’à cette frontière, désarmer le Hezbollah et enfin récupérer nos deux soldats enlevés. » Hanegbi a garanti « un large consensus des membres de [sa] commission en faveur de la poursuite des opérations militaires au Liban ».
Encore plusieurs semaines
De même, le général Udi Adam a prévenu que le conflit pourrait se poursuivre dans le temps. « Je suppose que cela va continuer pendant encore plusieurs semaines, et dans un certain nombre de semaines nous pourrons déclarer une victoire », a-t-il. Sur le front, Ehoud Olmert a annoncé vouloir établir une zone de sécurité de « un à deux kilomètres » dans le Sud-Liban « de façon à ce que le Hezbollah ne se trouve plus à proximité de la frontière » internationale entre l’Etat hébreu et le pays du Cèdre. « L’armée formera une bande étroite de un à deux kilomètres où il n’y aura aucune présence terrestre de troupes israélienne ». Mardi, le lieutenant-colonel Hemi Livni, avait affirmé ne pas avoir « l’intention d’étendre les opérations jusqu’à 70 km au nord de notre frontière avec le Liban ».
Au moins 55 civils sous les décombres
Mercredi, le Sud-Liban a donc été la proie d’une nouvelle pluie de raids israéliens, au quinzième jour de l’offensive. A cet égard, l’armée a ordonné à des milliers d’habitants de huit villages sunnites frontaliers de prendre la fuite. « Ils sont plus de 300 à 500 familles en train de fuir à pied, au milieu des cris des adultes et des pleurs des enfants, en direction de Tyr », située à une douzaine de kilomètres au nord-est de leurs villages, témoigne le maire d’un d’entre eux. « Une jeep militaire israélienne s’est approchée vers midi (heure française) des barbelés qui marquent la frontière et un officier a menacé les habitants d’Al Boustan, Oum at-Tout, Dhaïra, Zalloutiyé, et les hameaux qui les lient sur 4 kilomètres de frontière, de les bombarder s’ils n’étaient pas partis avant 15 heures », a-t-il dit.
Outre les pertes quotidiennes, au moins 55 civils, dont de nombreux enfants, se trouvent toujours sous les décombres de leurs maisons détruites pasr les bombardements dans la région de Tyr, selon le décompte partiel des services de secours. Un chiffre qui pourrait être beaucoup plus élevé, redoute le chargé des opérations de secours de la Défense civile, les contacts étant coupés et les routes bombardées, impraticables et très dangereuses.
De même, une bourgade de Rmeich, non loin de la frontière, où 25.000 réfugiés libanais sont bloqués, tire la sonnette d’alarme : « Nous avons un besoin urgent d’eau, de farine et de médicaments », alerte le maire de cette localité de 8.000 âmes en temps normal.
Nasrallah promet de lancer une « guérilla » contre l’armée israélienne au Liban
De son côté, le Hezbollah a répliqué aux raids par de nouveaux tirs de roquettes mercredi matin, sur le port israélien d’Haïfa. Au moins six personnes ont été blessées, dont une grièvement. Cinq roquettes Katioucha sont par ailleurs tombées sans faire de victime sur Tibériade et sur Safed.
Mercredi, le mouvement chiite a fait savoir par la voix d’un de ses cadres, que sa prochaine cibler serait la ville côtière de Netanya, située à mi-chemin entre Haïfa et Tel-Aivi, rapporte le site internet israélien Ynetnews.com. La veille, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah a promis de frapper Israël « au-delà de Haïfa ». S’expliquant sur al-Manar, la télévision du parti, le leader a refusé toute condition « humiliante » à un cessez-le-feu et annoncé le lancement d’une « guérilla » contre les troupes israéliennes entrées en territoire libanais.

spcm.org/Journal

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