dimanche, décembre 03, 2006

Le camp pro-syrien continue de bloquer le centre de Beyrouth


Des partisans du mouvement chiite libanais Hezbollah campaient dans la nuit de vendredi à samedi dans le centre de Beyrouth après une gigantesque manifestation qui a réuni des centaines de milliers de personnes réclamant la démission du gouvernement libanais. Photo prise le 2 décembre 2006/REUTERS/Eric Gaillard
samedi 2 décembre 2006, mis à jour à 21:16
Lexpress
Des milliers de partisans de l'opposition pro-syrienne libanaise bloquaient samedi le centre de Beyrouth, pour la deuxième journée consécutive, dans l'espoir de faire chuter le gouvernement pro-syrien de Fouad Siniora, dont les ministres chiites ont démissionné.
Des dizaines de tentes ont été dressées dans la nuit, les manifestants s'installant sur des parkings, sur des places et dans des rues menant au siège du gouvernement, paralysant le quartier des affaires d'ordinaire très animé.
Des dizaines de soldats ont établi un cordon de protection autour du siège du gouvernement, déroulant des fils de fer barbelés et des barrières métalliques pour empêcher que la foule ne tente de pénétrer à l'intérieur.
De nombreux partisans du Hezbollah chiite et de ses alliés - le mouvement chiite Amal et le Mouvement patriotiquelibre du général chrétien Michel Aoun, ont fait savoir qu'ils resteraient sur place jusqu'à la chute de Fouad Siniora.
Les restaurants et les cafés, d'habitude bondés pendant le week-end, étaient fermés. Bon nombre de banques n'ont pas ouvert leurs portes.
"Beyrouth est libre, Siniora dehors!", ont scandé des milliers de manifestants rassemblés samedi soir sur une place non loin des bureaux du Premier ministre.
Mais ce dernier a déclaré à des journalistes que ces manifestations de rue ne mèneraient à rien.
"Descendre dans la rue ne donnera aucun résultat et nous ne parviendrons à aucune solution si nous ne asseyons pas à la table des négociations", a déclaré Siniora à la presse.
Le Premier ministre libanais a reçu le soutien du ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, et de la secrétaire britannique au Foreign Office, MargaretBeckett, en visite à Beyrouth.
"Il est nécessaire de dire que dans cette situation si délicate, ici au Liban, (...) personne n'a intérêt à déstabiliser le pays", a souligné Steinmeier, qui a plaidé pour "un Liban fort et indépendant, dégagé de l'influence de forces extérieures".
"Il s'agit d'un gouvernement élu par le peuple libanais et d'un gouvernement qui a l'autorité constitutionnelle que lui confèrent les élections", a dit pour sa part Margaret Beckett.
MOUBARAK CRAINT QUE LA SITUATION DÉGÉNÈRE
Dans un communiqué, les services de Siniora ont précisé que le Premier ministre avait également reçu des appels téléphoniques de plusieurs dirigeants arabes et de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, qui ont tous "apporté leur appui total à son gouvernement et à sa politique".
Vendredi, plusieurs centaines de milliers de partisans del'opposition avaient défilé pour exiger la démission du gouvernement, soutenu par les puissances occidentales.
Le Hezbollah, organisation chiite soutenue par la Syrie et l'Iran, entend faire tomber le gouvernement Siniora, qu'il qualifie d'"américain". Pour les ministres antisyriens qui le composent, l'opposition cherche ni plus ni moins à faire un coup de force.
Saad al Hariri, dirigeant sunnite antisyrien et fils de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri assassiné en février 2005, a assuré lui aussi que les manifestations ne feraient pas chuter le gouvernement.
Bien que l'origine de la crise soit politique, de nombreux Libanais craignent qu'elle ne dégénère en affrontements entre les différentes communautés. Une forte tension règne entre sunnites et chiites et les chrétiens sont divisés.
Six ministres d'opposition, dont cinq chiites, ont démissionné le mois dernier et legouvernement a encore été affaibli par l'assassinat, le 21 novembre, du ministre chrétien antisyrien Pierre Gemayel.
Le camp majoritaire antisyrien accuse l'opposition de vouloir faire tomber le gouvernement pour saboter le projet de création d'un tribunal international chargé de faire la lumière sur l'assassinat en février 2005 de Rafic Hariri, dans lequel beaucoup voient la main de Damas.
La Syrie a nié toute implication dans l'affaire mais a dû retirer ses troupes du Liban sous la pression de la communauté internationale - en particulier des Etats-Unis et de la France.
Une enquête de l'Onu a mis en cause des responsables de la sécurité syrienne et libanaise dans l'assassinat d'Hariri. Le cabinet Siniora a approuvé la semaine dernière le projet de tribunal.
Le roi Abdallah d'Arabie saoudite, qui dispose d'une forte influence dans la région, a assuré le gouvernement libanais dusoutien de son pays, selon le cabinet de Siniora.
Le président égyptien Hosni Moubarak, allié de Washington, a appelé samedi les deux camps libanais à faire preuve de "sagesse".
"Ce que je redoute, c'est que si les manifestations continuent, et prennent un caractère sectaire, les partisans des différentes communautés, en dehors du Liban, ne viennent participer à l'agitation et que la situation échappe à tout contrôle, surtout si elle perdure", a dit le raïs à la presse à Charm el Cheikh. "Et le résultat, ce sera la transformation du Liban en un champ de bataille(...)".
2.12.06 22:31

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