samedi, juillet 29, 2006

Les hôpitaux de Tyr, au Sud-Liban, submergés de blessés


TYR, Liban (Reuters) - Placée sous respiration artificielle dans un hôpital de Tyr, Mariam Basma émet des sons inintelligibles; lorsque l'infirmière lui ôte son masque à oxygène, cette Libanaise de 61 ans victime d'une frappe israélienne demande son fils à son chevet.
"Où est-il ? Pouvez-vous lui demander de venir s'il vous plaît ?", demande Mariam. "Il s'appelle Cheikh Saber. Il est venu ici avec moi".


"J'irai l'appeler dès que je le pourrai. Ne vous inquiétez pas", répond l'infirmière qui travaille dans l'un des quatre hôpitaux de Tyr, ville du sud du Liban durement touchée par les bombardements de l'aviation israélienne.
L'infirmière n'a aucune idée de l'endroit où se trouve le fils de cette femme, blessée au dos et aux jambes, mais elle est la seule habitante du village d'Hanaweih, bombardé par l'aviation israélienne, qui est arrivée ce jour-là jusqu'à l'hôpital.
"Je n'ai pas voulu quitter ma maison", raconte Basma, malgré les difficultés qu'elle éprouve à parler. "J'ai survécu dans ma maison à l'invasion israélienne de 1982. Puisse Dieu détruire Israël pour toute cette injustice".
Ahmed Mroueh affirme que près de 361 blessés, tous civils, ont été amenés depuis le début du conflit dans l'hôpital Jabal Amel dont il a la charge. Près de 20 % d'entre eux étaient des enfants, et près d'un tiers des femmes.
"Chaque jour, le nombre de personnes que nous recevons diminue parce que les routes sont dangereuses. Dans plusieurs villages, des dizaines de cadavres et de personnes blessées gisent dans les rues sans moyens de transport", ajoute-t-il avec colère, frappant du poing sur la table.
PENURIE DE MEDICAMENTS
Assis à son bureau, le Coran à proximité, il consulte la liste des fournitures médicales dont les réserves diminuent dangereusement, notamment les antibiotiques, les sédatifs et les poches de sang.
"Nous avions des stocks nous permettant de fonctionner pendant un mois. Mais nous avons reçu plus de blessés que prévu, nous allons donc bientôt être à court", explique-t-il.
Les employés de l'hôpital ne sont pas épargnés.
Ghaïth Jomaa a mis onze jours à extraire des ruines de sa maison les corps de sa femme âgée de 24 ans, de leurs deux filles et de sa grand-mère.
Submergés de blessés, les hôpitaux de Tyr évacuent les cas les plus graves vers Beyrouth. L'hôpital public a été contraint d'avoir recours à une fosse commune pour enterrer les victimes, trop nombreuses.
Un silence sinistre règne à Tyr, où les rues sont vides à l'exception de quelques voitures qui se pressent pour rallier la capitale. Les portraits des dirigeants du Hezbollah et de ses combattants tués au combat affichés sur les murs toisent les rares passants.
Malgré les bombardements incessants, des centaines de réfugiés tentent de rallier Tyr pour fuir les villages situés à la frontière où de violents combats opposent les soldats israéliens au Hezbollah.
Dans l'un des hôtels de Tyr, où arrivent de nombreux réfugiés, une affiche annonce un concert de la star libanaise Nancy Ajram le 27 juillet.

29/07/06 à 17:45
http://www.latribune.fr/

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