vendredi, décembre 12, 2008

L'Holocauste alibi mortel pour Israël a été invoqué à tout bout de champ, afin de « justifier » l'occupation

Pour le lecteur américain, la grande vertu de l'important nouvel ouvrage [ book ] d'Avraham Burg, c'est qu'il y dit des choses, au sujet d'Israël et des juifs, que l'on n'entend pratiquement jamais dans le discours consensuel, aux Etats-Unis. On imagine difficilement à quel point la couverture d'Israël est adoucie et biaisée, dans les médias américains, et ne parlons pas du point où nos hommes politiques ont perfectionné l'art de vanter l'Etat juif. La situation a été à ce point déplorable, dans ce domaine, durant la récente campagne présidentielle américaine, que les journalistes Jeffrey Goldberg et Shmuel Rosner – deux défenseurs inconditionnels d'Israël, pourtant – ont intitulé un de leurs articles : « Israël : n'en jetez plus, la cour est pleine ! » [Enough about Israel Already]
par John Mearsheimer / on Sabbah's Blog, 10 décembre 2008
traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
Lobbying et conséquences / 12 Décembre 2008 / Alterinfo
12.12.08 17:11
Pour le lecteur américain, la grande vertu de l'important nouvel ouvrage [ book ] d'Avraham Burg, c'est qu'il y dit des choses, au sujet d'Israël et des juifs, que l'on n'entend pratiquement jamais dans le discours consensuel, aux Etats-Unis. On imagine difficilement à quel point la couverture d'Israël est adoucie et biaisée, dans les médias américains, et ne parlons pas du point où nos hommes politiques ont perfectionné l'art de vanter l'Etat juif. La situation a été à ce point déplorable, dans ce domaine, durant la récente campagne présidentielle américaine, que les journalistes Jeffrey Goldberg et Shmuel Rosner – deux défenseurs inconditionnels d'Israël, pourtant – ont intitulé un de leurs articles : « Israël : n'en jetez plus, la cour est pleine ! » [Enough about Israel Already]
Espérons que ce livre, L'Holocauste, c'est fini ! [ The Holocaust is Over ], sera largement lu et débattu, car il développe une argumentation qui doit être entendue et prise en considération par les Américains de toutes obédiences, mais en particulier par ceux qui ressentent un profond attachement à Israël. Le fait que quelqu'un comme Burg ait écrit ce livre est déjà, en soi, extrêmement important. On ne saurait le rejeter d'un revers de la main au motif qu'il s'agirait d'un juif haineux de lui-même ou d'un cinglé, dès lors qu'il est issu d'une famille israélienne éminente, et qu'il est profondément engagé dans la politique consensuelle israélienne depuis le début de sa vie d'adulte. De plus, il s'agit de quelqu'un qui, sans équivoque possible, aime Israël.
Burg marque plus d'un joli point, dans son bouquin, mais je voudrais insister plus particulièrement ici sur ce que sont, à mes yeux, ses arguments centraux. Le noyau dur de son message, c'est qu'Israël connaît une crise interne très sérieuse, et qu'il y a de bonnes raisons de penser que les choses risquent de dégénérer d'une manière horrible à l'avenir. Il souligne qu'Israël a énormément changé, depuis 1948. A ce sujet, il cite sa mère : « Ce pays n'est pas celui que nous avons construit. Nous avons fondé un pays différent, en 1948, mais je ne sais pas où ce pays a disparu ? » Aujourd'hui, Israël, écrit-il, « ressemble d'une manière effrayante aux pays auxquels nous n'aurions voulu ressembler à aucun prix. » Au sujet du glissement continuel d'Israël vers la droite, au fil des années, il fait ce commentaire à vous faire sortir les yeux de la tête, que « les juifs et les Israéliens sont devenus des brutes ».
Burg met les points sur les « i » : il n'établit aucune égalité entre le comportement passé d'Israël et ce qui s'était passé en Allemagne nazie, mais il voit bel et bien des similitudes dérangeantes entre Israël (aujourd'hui) et « l'Allemagne juste avant Hitler ». Cela soulève cette question évidente : Israël pourrait-il finir par s'adonner à une dévastation criminelle contre les Palestiniens ? Burg pense que c'est possible. Il écrit : « la notion que cela ne saurait nous arriver parce que notre histoire de peuple persécuté nous aurait immunisés contre la haine et le racisme est extrêmement dangereuse. Un examen de la société israélienne montre qu'à l'évidence, le processus d'érosion a commencé. » Il soulève même la possibilité d'une guerre civile en Israël, qui « ne serait pas une guerre entre des membres du peuple juif appartenant à différentes nuances de la foi religieuse, mais prendrait la forme d'une lutte à mort entre des gens bons et des gens mauvais, dans tous les milieux. »
Burg a conscience que beaucoup de juifs américains rejettent ses arguments, dès lors que ceux-ci sont tellement en contradiction avec l'image d'Israël qu'ils ont dans la tête. C'est pourquoi il rappelle au lecteur : « Je viens de là-bas, et mes amis et mes parents y vivent encore. J'écoute ce qu'ils disent, je connais leurs aspirations, et je ressens ce qui leur crève le cœur. Je sais (malheureusement) où ils vont. » Et c'est ce « là où ils vont » qui le préoccupe énormément. Là encore, il redoute qu'Israël ne finisse par marcher dans les brisées de l'Allemagne, où « de longs processus avaient altéré la perception de la réalité (des gens) à un point tel que l'insanité était devenue la norme, et c'est alors que nous (les juifs) fûmes exterminés. Cela s'est passé dans le pays par excellence des poètes et des philosophes : en Allemagne ! C'était possible, même là-bas ! Et c'est possible, aussi, même ici, sur la terre des prophètes. La création d'un Etat gouverné par des rabbins et des généraux est un cauchemar que, malheureusement, on ne saurait écarter. Je sais à quel point cette comparaison peut faire problème, mais, je vous en conjure : ouvrez les yeux ; ouvrez vos oreilles, et ouvrez votre cœur ! »
Beaucoup de juifs américains pensent que si Israël a des problèmes, de nos jours, c'est à cause de l'antisémitisme, ou parce qu'il est cerné par de dangereux ennemis qui en menace jusqu'à l'existence-même. Les Israéliens eux-mêmes, rappelle Burg, aiment insister sur le fait que, soi disant, « le monde entier est contre nous ». Il repousse du revers de la main ces billevesées : « Aujourd'hui, nous sommes armés jusqu'aux dents, nous sommes mieux équipés que n'importe quelle autre génération de toute l'Histoire juive. Nous avons une armée terrifiante, nous sommes obsédés par la sécurité, et nous bénéficions du filet de sécurité des Etats-Unis… L'antisémitisme semble ridicule, et même totalement inoffensif, face à la force du peuple juif, de nos jours… »
Pour lui, les problèmes d'Israël sont des problèmes auto-infligés. En particulier, il maintient l'idée que la principale cause des problèmes d'Israël, c'est l'héritage de l'Holocauste, qui est devenu omniprésent, obsédant, dans la vie quotidienne israélienne. « Aucun jour ne passe », écrit-il, « sans qu'il y ait au moins une mention de la Shoah dans le seul journal israélien que je lise, Ha'aretz. » De fait, on enseigne, à l'école, aux enfants israéliens que « nous sommes tous des survivants de la Shoah ». Le résultat, c'est que les Israéliens (ainsi que la plupart des juifs américains, d'ailleurs) sont incapables d'avoir une réflexion saine au sujet du monde qui les entoure. Ils pensent que tout le monde est en embuscade pour se les faire, et que les Palestiniens ne diffèrent en rien des nazis. Etant donné cette perspective désespérante, les Israéliens sont convaincus que pratiquement tous les moyens sont bons pour contrer leurs ennemis. L'implication de l'argumentation de Burg, c'est que si l'on mettait moins d'accent sur l'Holocauste, les Israéliens changeraient leur manière de voir « les autres » d'une manière radicale, et que cela leur permettrait d'arriver à un règlement du conflit avec les Palestiniens, ce qui amènerait à une existence plus apaisée et plus décente.
Il y a quelque vérité, dans cet argument psychologique défensif, mais Burg fournit des preuves supplémentaires d'une interprétation différente de la façon dont l'Holocauste imprègne la vie israélienne. En particulier, il montre que la société israélienne est vérolée par une multitude de problèmes très graves, qui menacent de la déchirer, et que l'Holocauste est « un instrument, au service du peuple juif », dont les juifs usent afin de protéger Israël contre toute critique et de maintenir à l'écart ces forces centrifuges qui risquent de faire éclater la société israélienne. Il identifie trois problèmes fondamentaux : 1) les Israéliens sont extrêmement divisés entre eux ; 2) le grave danger que de très nombreux Israéliens émigrent en Europe et en Amérique du Nord ; 3) l'occupation, qui a eu des effets corrupteurs sur la société israélienne, et qui a valu à Israël des critiques venant de l'ensemble de la planète.
Jouer la carte de l'Holocauste, démontre Burg, est considéré le meilleur moyen de faire face à ces problèmes. Il cite l'écrivain israélien Boaz Evron, pour le démontrer : la Shoah « est notre principal atout, aujourd'hui. C'est la seule chose qui puisse nous permettre d'essayer d'unifier les juifs. C'est le seul moyen qui nous permet de dissuader les Israéliens d'émigrer, en leur faisant peur. C'est la seule chose qui puisse encore éventuellement faire fermer leur gueule aux gentils (les non-juifs, ndt) ». Bien sûr, il y a un autre instrument, qu'Israël et ses partisans utilisent à tout bout de champ : l'accusation d' « antisémitisme ».
Pour pousser encore d'un degré mon argumentation instrumentaliste, Burg fournit la preuve du fait que, si les Israéliens et leurs partisans invoquent constamment l'Holocauste, c'est à cause de l'Occupation, et des choses horribles qu'Israël a faites, et continue à faire aux Palestiniens. La Shoah , c'est l'arme que les Israéliens et leurs partisans, dans la Diaspora , utilisent afin de repousser toute critique et de permettre à Israël de continuer à commettre des crimes contre les Palestiniens. Burg écrit : « Tout est ramené à la Shoah , tout est mesuré à l'aune de la Shoah , et par conséquent, tout est permis – que ce soit les murailles, le Mur, les blocus, les couvre-feux, les miradors, les privations de nourriture et d'eau potable, les assassinats arbitraires. Tout est permis, parce que nous avons subi la Shoah , et parce que ce n'est pas VOUS (les goyim, ndt) qui allez nous dire ce que nous avons à faire ! »
La meilleure preuve du lien entre l'obsession israélienne de l'Holocauste est liée à l'Occupation israélienne se trouve dans la discussion, par Burg, de l'évolution de la pensée israélienne au sujet de l'Holocauste lui-même. Il démontre avec beaucoup de clarté que la pensée israélienne sur la Shoah a considérablement changé, au fil du temps. Les dirigeants du Yishuv (la communauté juive en Palestine, avant la création d'Israël, ndt) « n'avaient pratiquement pas remué le petit doigt face à l'extermination des juifs en Europe » au moment où celle-ci s'était produite. « Ils en voulaient pas gaspiller de l'énergie émotionnelle qui pouvait être bien plus « utile » pour construire l'Etat juif. » De plus, les Israéliens n'avaient pas beaucoup focalisé leur attention sur l'Holocauste, durant la première décennie consécutive à 1948, et ils avaient fait montre d'une absence de sympathie choquante à l'égard des rescapés qui avaient immigré en Israël juste après la guerre. Mais tout avait changé, tout avait monté terriblement en puissance, dans les années 1960, à partir du procès Eichmann, mais surtout après la conquête par Israël de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, en juin 1967, et le début de l'Occupation.
« Pour comprendre le mauvais tournant que nous avons pris », écrit Burg, « nous devons faire retour aux années 1960, au procès Eichmann, à la guerre des Six Jours, et à tout ce qui s'est produit entre-temps. » Il va même plus loin, et note que les années 1990 – rappelez-vous : la Première Intifada a éclaté en décembre 1987 – fut la « décennie de la transition entre la mythologie de l'Etat pionnier et nos expéditions obsédantes vers le lieu du crime. » Le pattern semble limpide : l'Holocauste a été la principale arme que les Israéliens (et leurs partisans, à l'étranger) ont utilisée afin de fournir une couverture aux horreurs qu'Israël a infligée (et continue d'infliger) aux Palestiniens dans les territoires occupés.
Tout ceci, pour dire que la meilleure façon de sauver Israël de son calvaire consiste non seulement à dépasser l'Holocauste, mais aussi à mettre un terme à l'Occupation. Une fois cela fait, le besoin de parler de manière incessante de l'Holocauste sera grandement réduit, et Israël sera un pays bien plus sain et sûr.
Malheureusement, on n'aperçoit nulle fin de l'occupation à l'horizon et, donc, nous allons vraisemblablement entendre parler encore davantage – et non moins – de l'Holocauste, dans les années à venir…

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jeudi, décembre 11, 2008

Misère

Dans ce monde de misère
Où tout est bénéfice
Où gronde la colère
Où tout est sacrifice

La vie n'est pas facile
Quand on est tout petit
Une chose inutile
Et qui n'a pas de prix

Faut-il tant de souffrance
De labeurs, de brimades
Pour gagner sa pitance
Ils ne veulent pas l'offrande

Ils cherchent un peu d'espoir
Est-ce trop demander ?
Du respect et des égards
Est-ce trop espérer ?

La vie n'est pas facile
Quand on est de ceux là
De ceux qui sont fragiles
De ceux qu'on n'entend pas

Comment trouver le bonheur ?
Quand on regarde autour de soi
Tant de gens qui se meurent
Ignorés par les lois.

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lundi, décembre 08, 2008

Maroc: Les associations tire un triste bilan pour les droits de l'Homme en 2008


la veille de la célébration du 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme, quel bilan peut-on faire de l'année 2008 ? Réponse des associatifs.

Les principales associations de défense des droits de l'Homme au Maroc sont catégoriques : le royaume a enregistré un net recul sur ce registre en 2008.
Plusieurs indicateurs le prouvent et les exemples qui appuient cette assertion sont légions, selon nos militants. Un événement a particulièrement marqueté monde associatif : les émeutes de Sidi Ifni. Flashback : le 7 juin dernier, les forces de l'ordre mettent fin sévèrement aux manifestations de chômeurs qui bloquent ce port de pêche situé au sud d'Agadir. Bilan officiel : 44 blessés dont 27 parmi les forces de l'ordre et des dizaines d'arrestations. Les éléments de la police sont accusés de viols et d'attouchements sexuels. De premières informations sur d'éventuels morts mènent même quelques militants de la région en prison pour «désinformation». Rapidement, la population Aït-Baâmrani adhère à la cause des jeunes de la ville et réclament la libération des personnes arrêtées par la police, dont des militants associatifs. Au jour d'aujourd'hui, et malgré la promesse faite par l'État de remettre à niveau l'infrastructure de la ville et de créer des emplois dans cette localité ; la population continue de revendiquer la libération de ses détenus, et attend toujours la concrétisation des promesses faîtes par l'État. «Les violations de Sidi Ifni sont très graves. Elles rappellent par leurs sauvagerie celle des années de plombs» s'exaspère Cherkaoui Smouni, président du CMDH (Centre marocain des Droits del'Homme), dont deux de ses militants de la section Sidi Ifni sont encore en prison.
Justice instrumentalisée
Si la répression violente de ces émeutes populaires a particulièrement retenu l'attention des associations de défense des droits de l'Homme, il en va de même pour les procès pour «atteintes aux sacralités». Trois affaires, concernant toutes trois des jeunes anonymes, ont marqué les esprits cette année. Il y a d'abord le procès ubuesque de Fouad Mourtada en février dernier. Le jeune informaticien a été poursuivi pour avoir créé un faux profil du prince Moulay Rachid sur Facebook. Mourtada sera finalement gracié par le roi, mais à quel prix ? Ensuite, il y a le procès non moins absurde du blogueur Mohamed Erraji. Le jeune gadiri a été mis en prison pour avoir osé critiquer le roi sur l'un de ses posts sur Internet. Il sera enfin acquitté au bout du compte et la bourde judiciaire réparée. En dernier lieu, le procès de Yassine Belaâssel, qui a, lui, écopé d'un an de prison avec sursis pour avoir écrit «Allah-Al Watan-Al Barça», sur le tableau d'une classe de son lycée. La justice s'est également illustrée en 2008, en prenant pour cible les journalistes. Le Maroc a même dégringolé dans le classement de référence de Reporter Sans Frontières (RSF). De 106e sur 173, le royaume est passé à la 122e place. RSF s'alarme dans son rapport annuel que l'État ait remporté la totalité des procès qu'il a engagé contre les titres de presse. L'exemple révélateur est celui du journaliste Mustapha Hormatollah qui a connu les affres de la prison en y passant 56 jours. Mais l'affaire qui a retenu l'attention du milieu associatif cette année est sans conteste la condamnation d'Al Massae, dans deux procès, à payer la somme totale de 672 millions de centimes. «C'est tout simplement un homicide programmé contre ce journal. On veut liquider Al Massae en instrumentalisant la justice», s'insurge Adelhamid Amine, vice-président de l'Association marocaine de droits de l'Homme (AMDH).
Grosse déception
Cette année a aussi été celle des occasions ratées, notamment pour la mise en œuvre des recommandations de l'IER. Une d'entre elles a failli être concrétisée, il s'agit de l'abolition de la peine de mort. Grosse déception : le Maroc n'a pas osé franchir le pas, malgré la pression associative et les indicateurs qui laissaient espérer une telle chose. Les associations brossent un tableau encore plus sombre, concernant la mise en oeuvre des recommandations de l'IER. Pour l'AMDH, l'État cherche à liquider ces recommandations.
Ils en veulent pour preuve les déclarations d'Ahmed Herzenni, président du CCDH (Conseil consultatif des droits de l'Homme), chargé par le roi de mettre en exécution le «testament» de feu Driss Benzekri. «C'est catastrophique. Le président du CCDH a décidément une autre vision des droits de l'Homme. Cette instance qui devrait en principe être autonome et défendre les victimes sert de facto les intérêts de l'Etat. Il aurait fallu qu'elle soit au moins neutre», s'indigne Cherkaoui Smouni. Le tableau est-il à ce point sombre ? Non, nuance Smouni : «Lé Maroc a quand même levé des réserves qu'ïl avait sur un certain nombre de conventions internationales, dont celle contre la torture», explique le président du CMDH. A signaler aussi la volonté de transformer les bagnes hérités des années de plomb en lieu de mémoire; bien que l'initiative laisse encore perplexe nos militants. «On a peur qu'au lieu de sauvegarder la mémoire, on l'escamote. La société civile a été mise à l'écart dans ce projet. On ne sait rien de concret sur cela», souligne Abdelhamid Amine. Même appréhension concernant l'Instance centrale de la prévention de la corruption. Les ONG s'inquiètent des réelles prérogatives de cette instance, qui n'a aucun pouvoir coercitif. Peut-on dire que les exactions commises par l'Etat sont de simples accidents de parcours ? Non, répondent à l'unisson les militants. «Elles seraient des bavures si elles ne se répétaient pas. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de volonté politique réelle de construire un État de droit», conclut Abdelhamid Amine.
Et 2009 alors ?
« Je reste optimiste pour l'avenir. La société civile bouge bien, mais il faut que l'on commence par respecter la loi», résume Cherkaoui Smouni. Pour Abdelhamid Amine, il en est autrement. «En 2009, la lutte continuera. Il faut que les forces démocratiques cessent de se chamailler entre elles et qu'elles comprennent que le changement ne vient jamais d'en haut», explique Amine. L'État devrait commencer par libérer tous les prisonniers d'opinion. A commencer par ceux de la Salafiya Jihadia : «Il y a certainement des terroristes parmi eux, mais aussi de nombreuses personnes arrêtées uniquement pour leur façon de penser», s'insurge Amine. Pour l'AMDH, s'il fallait ne retenir qu'une mesure à prendre, ce serait le changement de la constitution. «Attention, ne tombons pas dans le piège des amendements. Il faut la repenser dans sa globalité et changer son esprit absolutiste pour la rendre enfin démocratique», insiste Amine. Autre espoir : que l'État «écoute» les militants et cesse de «se méfier d'eux» : «On n'est pas là pour déranger, mais pour participer à la modernisation et au change­ment pour un Maroc meilleur que nous aimons», précise Smouni.

Zakaria ChoukrallahSource: Le Soir Echos

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dimanche, décembre 07, 2008

Que faire ?


Cette question tracasse les humains Qui s’apitoient sur leurs lendemains Les temps ont changé, il faut le dire L’heure n’est plus à la joie, au sourireFinis les acquis de l’Etat–Providence Finie la vie dans la dignité, la décence Finie l’ère des passions, de l’insolence Finies les épopées de la noble militance

Les prédateurs ont aiguisé leurs crocs Ils ne manient qu’une batterie de chocs Qui leur sont utiles pour faire table rase Sur ce qu’ont conquis ces gens de la base

Ils s’adonnent facilement au chantage Travailler à leur gré ou ça déménage Point de grèves ou de revendications Sinon le débauchage est la sanction

C’est ainsi qu’ils conçoivent la liberté Exploiter les humains sans s’inquiéter Les licencier quand bon leur semble Gommer leurs acquis, c’est là le comble

Les prédateurs renforcent leurs armées Qu’ils lancent contre les peuples désarmés Pour leur faire goûter les affres des guerres Et faire irriguer de leur sang leurs terres

Ils détruisent tout ce que l’humanité a bâti Car elle viole leurs lois en tout ou en partie Elle devrait les accueillir avec des fleurs En oubliant leurs atrocités, leurs malheurs

Avec nous ou contre nous menacent–ils Il n’y a pas d’autre choix que ce slogan Qui départage les voyous et leurs fans Au risque d’être massacré par ces imbéciles

A force de déclarer plein de guerres Ils s’enlisent dans des cas non salutaires Dont ils ne savent après comment sortir Au risque de laisser leurs troupes périr

Leur arrogance leur ôte toute raison Pour pallier à leurs désastres présents Ils s’entêtent à croire venir la victoire Alors qu’ils cumulent trop de déboires

Si des rapports et des appels incessants Optent pour des voies de salut sensées Ces faucons n’y voient que des panacées Pour les faibles et les défaitistes gênants

Même dans ces durs moments de chaos Les intérêts de castes sont omnipotents Même en mettant les pays à feu et à sang Alors les néocons tombent un par un KO

L’empereur, sa femme et son chien Ne peuvent, alors, absolument rien Contre ce sort qui frappe ces rapaces Qu’il a juré de garder fasse que fasse

Il ne se déclare quand même pas vaincu Il veut aller au bout de son arrogance En sachant qu’il y a de vraies chances D’échec dont les gens sont convaincus

Les rapaces ont échoué de façon cuisante Ils sont dans des postures pas reluisantes Il n’y qu’à sonner le glas de leur crépuscule Qui les emportera loin, ces viles crapules

Ils sont tombés bas ces prédateurs félins Ils sont condamnés à mourir à petits feux Par l’abus de ces signes de puissance affreux Qui ont fait en sorte que la honte les étreint

Ces lueurs d’espoir incombent à la résistance Des peuples qui se sont investis sans relâche Dans la lutte ardue pour faire plier ces lâches Et les mettre en échec après leur insolence

Que tous ces sacrifices servent de modèles Pour tous les humains ayant besoin de leçons Pour affronter les prédateurs suceurs de sang Semant le chaos partout avec le même zèle

Seuls les rapaces, ces nostalgiques de naguère Veulent enliser le monde dans un chaos pareil Les humains ont montré combien ils veillent A ce que le monde vive en paix et sans guerre

L’unité des peuples a eu raison des faucons Qui partent en guerre pour asservir les nations Pour leur ôter le goût de la vie et les richesses, Les renvoyer à un âge révolu en toute bassesse

Les humains unis dans leurs pays respectifs Peuvent contrer les desseins de ces supplétifs De l’empire et de ses aventures chaotiques En se libérant du joug des fanatiques du fric

Le choix est clair encore faut–il l’apprécier A sa juste valeur, l’assumer sans se soucier Des petits calculs des partis et des personnes Qui font régner un désespoir vraiment atone

Il y va de la vie de ces mouvements citoyens Qui ont tout donné pour qu’éclose demain Un monde paisible, juste, convivial et serein, Ouvert à tous les humains sans racisme aucun

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